J3 – Arusha, les Flying doctors

Objectifs de voyage : soutenir les comunautés

Mai 2017, nous voilà à nouveau en Tanzanie, avec un agenda très chargé pour les trois semaines à venir. Nous avons créé l’association Tumbili en 2015 pour promouvoir un tourisme solidaire en Tanzanie; depuis nous avons été présents sur les salons du tourisme alternatif du Grand Bivouac à Albertville,  Primevère à Lyon, Curieux Voyageurs à St Etienne, Solidarissimo à Colmar, et en juin 2018 le No Mad Festival de Cergy Pontoise.

Cette année, Tumbili se lance dans l’investigation concrète sur le terrain. Au programme: rencontres avec des associations,  projets culturels et économiques locaux, visites et sélection d’hôtels en fonction des critères de notre charte éthique, et enquêtes approfondies à coup de témoignages recoupés et de pièges de toute sorte pour un seul objectif: extraire la vérité ! Où va l’argent ? Comment sont rémunérés les employés? L’action est-elle suivie? L’impact sur la communauté est-il réel?

Comme vous allez le lire bientôt, nous allons rencontrer des personnes fabuleuses avec qui créer de solides partenariats, mais aussi de belles arnaques qui échappent à tout contrôle et se font un joli pécule au nom d’une prétendue solidarité…

Ne nous méprenons pas: nous sommes des gentils, et nous voulons accompagner les projets des locaux, mais nous savons pertinemment que si l’on n’est pas exigeant sur la traçabilité des fonds, beaucoup de sommes sont détournées à des fins de profit personnel. Mon ami Stanlee en a fait plusieurs fois les frais; un jour, il a aidé un centre pour handicapés à obtenir une aide d’une ONG. Mais quand il est allé vérifier pour elle, il a constaté que les fauteuils roulants avaient été vendus par un des responsables plutôt qu’utilisés pour les personnes du centre !


Mais d’abord quelques rencontres très intéressantes à Arusha, et des bons plans pour y séjourner.

Les Flying Doctors  

Créée il y a 60 ans pour permettre un accès aux soins aux populations kenyanes les plus reculées, l’AMREF-Flying Doctors est aujourd’hui présente dans 35 pays d’Afrique et soigne chaque année neuf millions de personnes. A l’époque il y avait en Afrique 1 médecin pour… 30 000 habitants, contre 1 pour mille en Europe (source AMREF).

Vous avez peut-être entendu parler de Mama Daktari, Anne Spoerry, la première Française à s’être engagée auprès de l’ONG, et la créatrice de la branche française.

Comme ils proposent aux voyageurs une adhésion pour être évacué en avion en cas d’urgence, j’ai voulu rencontrer la branche locale d’Arusha. Ce qui m’a le plus étonnée, c’est le tarif d’adhésion, en fonction du nombre de personnes, cela ne varie guère que l’on soit seul ou en famille, et ce n’est pas très élevé vu le service rendu !

30 US $ pour deux semaines / 50 US $ pour un mois / 100 US $ pour un an

Bref après cet entretien avec le fort sympathique responsable marketing Daniel Mrema, j’étais convaincue ! Mais j’aimerais bien avoir des avis de gens qui ont eu besoin d’une évacuation. En tous cas, l’adhésion étant une participation à leurs campagnes d’accès aux soins pour les populations reculées, et de formations de sage femmes africaines, j’ai décidé de proposer systématiquement cette assurance aux voyageurs. Ils couvrent 500 km autour de Nairobi, donc tous les parcs du Nord de la Tanzanie.

 

La malaria ou paludisme

Se protéger contre les moustiques est indispensable, une seule piqûre suffit pour la transmission des parasites de la malaria ou du virus de la dengue. Les moustiques piquent principalement entre le crépuscule et l’aube. Soyez particulièrement vigilants avec les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Spectacle brésilien de prévention contre la dengue

Vous trouverez toutes les informations sur le site de l’Institut Pasteur, ici.

Pour ma part, j’ai emporté une moustiquaire imprégnée, mais chaque chambre où j’ai dormi en était déjà équipée. Je n’ai pas utilisé de répulsif pour vêtement, seulement Insect Ecran pour la peau, et des vêtements amples et longs. Il y a peu de moustiques à Arusha/Moshi à la saison froide.

La première année, j’ai pris un traitement à la doxycycline, parce que c’est le moins cher, mais j’ai souffert de l’intolérance au soleil que cela provoque. Heureusement le mois de juin à Arusha c’est 15 degrés à midi et une épaisse couche de nuages!

Lors de mon séjour à Nairobi, j’étais hébergée par un couple , Eunice et Georges (via couchsurfing) . Eunice venait de sortir d’une grosse crise de malaria quand je l’ai rencontrée. Elle était faible et ressentait des douleurs articulaires et abdominales. Elle m’a avoué qu’elle sortait à peine de l’hôpital où elle avait cru y rester. Pourtant elle n’a pas voulu annuler mon séjour chez elle! Je lui ai dit que j’aurais pu chercher quelqu’un d’autre et la laisser se reposer, mais elle tenait tant à rencontrer une française! Selon Georges, elle aurait attrapé le parasite lors d’un séjour au « village », à 12 heures de route de la capitale. C’était sa troisième crise en dix ans, et la plus violente.

Eunice et Georges tout fatigués

Les vaccins

La première chose à lire est la page « conseil par pays » du ministère des affaires étrangères; c’est là que l’on trouve les recommandations relatives à l’actualité et  les démarches obligatoires. Pour la Tanzanie c’est ici.

On y découvre que le vaccin contre la fièvre jaune n’est plus obligatoire, sauf si l’on vient d’un pays où la maladie est endémique (voir la liste des pays), mais fortement recommandé. Par contre il faut être à jour des vaccins ordinaires, comme le DTP.

Rendez-vous pris à l’hôpital de la Croix-Rousse, au centre de vaccination, bâtiment O. Attention il ne faut pas aller au service  » maladies infectieuses et tropicales  » mais au service  » médecine du voyage-vaccinations « . Je  dis ça pour les Lyonnais parce que j’ai arpenté en long et en large l’hôpital de la Croix Rousse pendant les travaux, vous savez, quand on ne pouvait pas couper pour prendre le chemin le plus court…

Bref, j’ai fait trois vaccins d’un coup, la fièvre jaune (valable 10 ans) , l’hépatite A (rappel dans un an), et la typhoïde (rappel dans trois ans), et ce dernier fait un mal de chien!

Ensuite il y a une consultation où le docteur s’assure qu’il n’y a pas de contre-indication au voyage, et donne beaucoup d’informations relatives aux conditions d’hygiène, à l’alimentation, au climat…

Petit extrait:

le Dr:    « Voilà on a fait le tour; enfin, pour la sexualité, c’est préservatif ou abstinence, hein. »

Moi:     « Heu, préservatif ! »

Petit silence un peu gênant.

le Dr :      « Ce n’était pas une question. Vous faites bien comme vous voulez. »

Il y a des jours où j’oublie mon cerveau sur mon oreiller.