Jour 6: Passage en Tanzanie

Drôle d’accueil

Après quelques difficultés, embouteillages, bus déjà parti, course poursuite,  j’ai réussi à attraper la navette Nairobi-Arusha. Toute brinquebalée sur dit-on la meilleure route du pays, je suis contente d’aller enfin en Tanzanie.  Je dois être accueillie par un autre couchsurfeur, Charles, à qui j’ai parlé par Skype avant mon départ. Il est marié, a une jolie maison, un chien et une compagnie de safari. Sur le site internet, son profil a de nombreux commentaires positifs.

ancien et nouveau billet de 2000Tsh

Le paysage est morose, comme le temps, et la seule attraction est Namanga, la frontière. Voir l’article « passeport et formalités ». J’en profite pour obtenir mes premiers billets tanzaniens au bureau de change. Il y a des lions dessus!

A la gare routière d’Arusha, je suis assaillie par les offres de taxi, hôtel, et je ne sais quoi encore, et dans un brouhaha vertigineux j’entends mon nom. C’est Maggie, l’épouse de Charles, qui est venue me chercher dans un énorme Land Rover. Cette femme élégante m’impressionne immédiatement; on la sent riche et puissante, et ma fatigue me rend timide. Elle me dépose au bar du Safari Hotel où se trouve Charles. Il se passe alors quelque chose d’étrange. Après les présentations, Charles m’invite à m’asseoir à sa table, me pose quelques questions polies, puis se replonge dans son travail sur un ordinateur. Il ne va quasi plus m’adresser la parole… Je me sens très mal! Je ne sais pas ce qu’il a prévu, ni où je vais être hébergée, et mes tentatives de conversation sont vaines. Mon « qu’est-ce que je fous-là? » me revient comme une migraine.

Heureusement au bout d’une heure étouffante, Maggie revient avec un jeune allemand, me le présente comme mon colocataire, et m’embarque avec eux.

Njiro Road

Je ne vais donc pas partager la vie de Charles et Maggie. Ils ont pour leurs invités, une maison au sud de la ville, vers Ngoro Fambili. Au milieu des champs de maïs et des fermes, j’ai une chambre face à celle de l’allemand, une cuisine et des sanitaires à partager. Une autre façon de faire du couchsurfing, au moins j’ai intimité et tranquillité. Daniel est un étudiant allemand qui étudie le projet gouvernemental de construction d’une voie rapide dans le Serengeti, qui couperait le chemin de la migration de la faune. Une catastrophe pour l’écosystème!  Ce projet a, je crois,  été abandonné depuis grâce à des oppositions venues du monde entier, notamment de l’Unesco.

Attention, les bières sont servies tièdes en Afrique de l'est!

Je suis bien contente de discuter autour d’une bière avec Daniel qui m’explique comment et où prendre un matatu pour se rendre en ville et me délivre quelques précieuses informations pour que je parvienne à me débrouiller.

Je l’interroge sur le comportement de Charles, mais il le trouve charmant et m’apprend qu’il est également politicien depuis peu, donc très occupé. Bon.

Malgré tout, je n’ai pas un bon moral, et je reçois le coup de grâce en apprenant que pour entrer dans un parc national, il faut payer entre 30 et 50$ par jour. J’ai eu l’illusion de pouvoir faire un safari, mais je sens que je n’en aurai pas les moyens. De plus, Daniel me dit qu’il n’y a pas d’animaux en dehors des parcs, et que de toute façon, il faut une voiture pour se déplacer en dehors des grands axes…

Est-ce que je suis venue jusque là pour rester dans les villes?

Passeport et visa

Le passeport

Depuis 2009, les passeports ne sont plus électroniques, mais biométriques (étymologie=mesure du vivant…).

Il ne faut plus aller à la préfecture mais prendre rendez-vous dans une  mairie qui les délivre, même si ce n’est pas celle de votre domicile. Apporter deux photos d’identité aux normes, c’est-à-dire celles où on tire la tronche vu qu’on n’a plus le droit de sourire même si on est content de partir en vacances.

Employé à la mairie, c’est loin du développement personnel.

Là une charmante fonctionnaire comme ci-contre, entourée de machines super modernes, prend vos empreintes, les deux mains s’il vous plait, mais seulement quatre doigts, appuyez bien, non pas comme ça, on recommence s’il vous plait, levez-vous pour prendre appui merci, vous recevrez un sms quand il sera prêt, dans dix jours environ au revoir, suivant.

 

Il est très important de pouvoir présenter un passeport qui est encore valide 6 mois après la date de votre séjour. Dans le cas contraire votre entrée en Tanzanie peut être refusée.

 

Les visas

On peut, si on a le temps et l’envie irrésistible d’écrire des courriers, demander les visas kenyan et tanzanien aux ambassades à Paris. Mais franchement il y a plus simple!

Le noir représente le peuple, le rouge le sang versé pour l’indépendance, le blanc la paix, le vert les ressources du pays, et le bouclier est un symbole Maasai.

A l’aéroport de Nairobi, de Dar es Salaam, de Kilimandjaro et de Zanzibar, il y a un guichet pour obtenir son visa avant d’entrer dans le territoire. Il y a parfois un peu d’attente, mais rien comparé aux guichets de la Western Union à Moshi. Ca n’a rien à voir? détrompez-vous, ç’est une mise en condition.

Vous devrez également remplir un formulaire d’entrée/sortie du territoire, bleu au Kenya, jaune en Tanzanie, où vous renseignerez votre identité, le nombre de jours prévus ou passés dans le pays, et une de vos adresses d’hébergement. veillez à vous en munir avant de faire la queue pour le visa… ces formulaires vierges traînent un peu partout dans le hall!

le vert représente l’agriculture, le jaune les ressources minérales, le noir le peuple, le bleu Zanzibar.

Frontière tanzanienne : à Namanga, en venant de Nairobi par la route, on peut aussi demander un visa; il faut faire des aller-retours entre le guichet de la douane, le bureau d’encaissement de l’autre côté de la route, le guichet de la douane, le bureau de change.

Là, c’est assez long… mais avec l’animation qu’il y a on ne s’ennuie pas. Surtout quand il y a un bus de touristes japonais avec des masques FFP3, et derrière un groupe de Maasais qui se marrent…

Mais ça se mérite,non, le joli coup de tampon! Vous aurez une carte autocollante dans votre passeport, avec les « big five » pour le Kenya, et votre photo sous une girafe pour la Tanzanie. Et la devise « Uhuru na umoja », qui signifie « liberté et unité ».

Ah! Et pour ce qui est des « fonctionnaires » tanzanien, ils sont plus souriants que les nôtres, mais aussi beaucoup plus lents!

Prix du visa touristique kenyan à l’aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi: 25 $

Prix du visa touristique tanzanien à Namanga, frontière de la Tanzanie: 50$ (c’est pareil aux aéroports du pays).