Jours 19-22: Une rencontre décisive

Une vie locale

Pendant quatre jours, chaque matin, Stanley m’accompagne en ville. Tandis qu’il part au travail, je vais écrire en buvant du café kenyan dans une cour intérieure de salon de thé.

mon café matinal

J’y rencontre toute sorte de gens. Des touristes, des européens installés, des guides de safari, mais finalement, tous ont un rapport avec le safari. A plusieurs reprises, des directeurs d’agence locale me demandent si je ne veux pas travailler avec eux. Ils m’expliquent qu’étant anglophones, il n’ont pas accès à la clientèle francophone, et souhaitent s’y étendre. Je commence à y penser sérieusement, surtout quand en échange on me propose de m’emmener en safari pour rien quand je reviendrai l’année prochaine. Mais je n’ai pas de ressenti assez bon avec toutes ces personnes. Stanley me présente un ami, Ally,  qui a une agence locale  et nous discutons longuement d’une éventuelle collaboration. Il me propose alors de me joindre à un groupe pour partir en safari dans quelques jours. Pour voir. A un prix ridicule. Je n’ose y croire. Pour moi, c’est un bon critère pour travailler avec lui; ça signifie qu’il n’est pas seulement intéressé par ce que je peux apporter mais qu’il est prêt à donner en échange. Nous en reparlerons bientôt.

Chaque après-midi, je me rends au Mkombozi Center. Le premier jour, je rencontre la directrice du centre qui me demande de faire cours aux jeunes filles le temps que je reste à Moshi. Pourquoi pas? Alors, chaque après midi  j’apprends à balbutier un peu de français à une dizaine d’adolescentes. Je réussis à leur faire chanter « Mon Dieu » d’Edith Piaf, ce qui donne plutôt « Moundiou » et je me rends compte à quel point nos diphtongues sont dures à prononcer. Les « un », les « an », les « on », les « u » nous occupent bien et les crises de rire n’en finissent pas grâce aux grimaces nécessaires à la bonne prononciation. Les formules de politesse sont vite apprises, on en a moins qu’en Tanzanie!

en salle de classe

 

Les filles m’invitent à la  soirée organisée par le centre: une classe de lycéens anglais viennent assister à un repas et des danses ce soir. Ca s’appelle une ngoma. Les filles qui apprennent la couture, la cuisine, vont faire les repas et accueillir les gens. Des troupes de danseurs viennent de l’extérieur.

quelle assiduité!

Volontaires pour écrire au tableau!

 

 

 

 

 

Ce sera une soirée incroyable, le repas un festin, avec des acrobates contorsionnistes, des danseurs avec des marmites de braises sur la tête, j’en ai encore un souvenir frappant. J’ai compris ce soir là que je reviendrais vite en Tanzanie.

Après les cours, cette semaine, le centre a organisé une rencontre amicale de football. Tous les après-midi deux équipes des alentours se retrouvent sur un terrain aride et tout le quartier se déplace pour les supporter.

sur l’immense terrain de foot

Parfois la poussière s’élève tant que personne ne sait plus où est le ballon. C’est un véritable évènement ici, et c’est assez beau à voir.

Voici donc comment se déroule ma semaine à Moshi, mais je ne pense plus qu’à partir dans les parcs, voir enfin les lions, les léopards, les hyènes, les éléphants, les girafes, et ça m’intéresse autrement plus!

Je ne me doute pas de l’issue du voyage quand je quitte le terrain de foot en compagnie de Stanley, au contraire, je me réjouis de finir en beauté ce premier voyage seule si loin de chez moi, et j’espère même encore voir le Kilimanjaro se dévoiler entièrement à mes yeux.

 

Jour 18: Moshi

Accueil et premiers pas dans la ville

Je suis donc arrivée par bus dans la ville de Moshi située au pied du Kilimanjaro. Mais la montagne est invisible, entre brume du matin et nuages de l’après midi. Autant le dire tout de suite: en une semaine, je n’en verrai pas le moindre bout. Une fois, à la nuit tout juste tombée, j’ai pu distinguer quelques contours, et au décollage de l’avion, au loin, le sommet par-dessus les nuages. En juin, la montagne reste cachée. Tous ces kilomètres parcourus pour ne pas voir d’animaux sauvages ni le toit de l’Afrique. Est-ce bien raisonnable?

la cour de mama Andrea

Stanley et sa mama Andrea m’ont chaleureusement accueillis dans leur maison de 5 pièces autour d’une cour dans le quartier de Soweto. Stanley était joueur de foot professionnel jusqu’à ce qu’il soit renvoyé de l’équipe au profit du fils du capitaine, une sombre histoire de bakshish et de pistons. Aujourd’hui il est professeur d’informatique dans un orphelinat de Moshi., le Mkombozi center.

Mama Andrea

A Moshi, ce n’est pas si différent d’Arusha. Il y a une mosquée, une église et un temple dans la même rue, un marché, du bon café, un police mess, une clock tower, une gare routière…

J’avais dans l’idée de me faire faire une robe avec un tissu de Tanzanie: Stanley m’accompagne pour acheter du tissu et m’amène à une couturière, Irene. Elle prend mes mesures, je lui dessine à peu près le patron, et en quelques heures elle me fait un joli ensemble jaune et rouge pour 10 $ (25$ de tissu). Je lui donne plus, tellement gênée que le tissu coûte plus cher que toutes ces heures de travail. Alors elle me fait une petite trousse avec les chutes de tissus. Quand je reviendrai, je retournerai la voir.

Irene au travail

 Le soir, Stanley m’emmène manger dans une gargote du quartier où un monsieur avec une toque blanche fait cuire des chipsi maiai (omelettes aux patates), un plat très typique à prendre sur le pouce et adoré des Tanzaniens! Le « Chef » découvre un hérisson derrière ses coquilles d’oeuf…

hardi hérisson

 

Je me demande si je ne vais pas quand même faire au moins une journée dans un parc animalier, ce serait dommage de passer à côté. Peut-être que ma maman pourrait m’envoyer une rallonge par Western Union? « Allo, maman? … »