Jour 9 : les « expats »

Attrapez-le!

En fin d’après-midi, j’ai contacté un couchsurfer français qui travaille à Arusha, histoire de le rencontrer autour d’un verre. C’est Damien, il a une agence de safari ici. Son père était déjà expatrié, il a vécu dans beaucoup de pays différents.

Vue sur le marché

Nous nous sommes donnés rendez-vous sur la Sokoine Road. Au téléphone, je lui demande de quoi il a l’air. Ca le fait rire, et je comprends pourquoi: impossible de se rater! Deux Blancs se repèrent à 200 mètres parmi les Noirs. Damien m’invite à venir chez lui. C’est un grand appartement dont le balcon donne sur l’arrière du marché. Soudain une forte clameur publique se fait entendre. Depuis le balcon, nous assistons à un mouvement de foule généralisé: en bas au marché, tout le monde se met à courir en hurlant, c’est très impressionnant.

« Un voleur, me dit Damien. Quand un voleur se fait repérer, tout le monde le poursuit, et il passe un sale quart d’heure… »

Je pense à mes copines d’adolescence les « tchoureuses » avec qui je chipais des petites choses dans les magasins… c’est drôle,  selon les gens, les cultures, le vol en magasin est considéré comme un grave délit ou comme une bêtise puérile. Ici, voler quelqu’un, c’est le déposséder de beaucoup, et mineur ou pas, la punition est dure.

Fatigués du bruit, nous fermons les fenêtres. Damien me propose de se retrouver après son dîner d’affaires pour aller « faire la fête ». Il me confie gentiment les clés de son appartement et me laisse seule.  Au bout de quelques minutes survient une coupure d’électricité qui me plonge dans l’obscurité totale. Je décide de sortir prendre un repas sur le pouce.

Les rues sont noires, seuls quelques petits restos indiens fonctionnent au groupe électrogène. Dans la nuit, je ne vois personne, mais tout le monde voit ma peau claire. J’entends des « mambo » et je réponds « poa »,  je n’ai pas peur… Damien me dira que je n’ai pas été bien prudente à me promener dans des ruelles pendant la coupure d’électricité… moi je suis sûre que ma confiance me protège.

Saturday night fever

J’avais envie de retrouver des français, eh bien je les ai eus. Deux petits coqs. Damien et son « meilleur pote » Yannick ont ramené trois minettes avec eux. Une américaine en stage au tribunal d’Arusha et deux françaises qui bossent dans une ONG. Déjà, elles étaient sapées si sexy que je faisais office de la copine moche avec mon vieux pantalon de toile kaki. Pour aller à 500m, Damien a voulu prendre sa voiture, juste pour la faire ronfler et lui faire des petites pointes de vitesse pour épater les filles. Là, j’ai sentis arriver… la colère, le mépris, et la soirée pourrie.

Nous sommes entrés au Via Via café, situé à droite du Musée. Damien a commencé par faire « celui qui connaît bien le videur » et, grand seigneur,  il a payé toutes les entrées. Le Via Via café est un charmant petit bar avec jardin. Il y a un groupe qui joue de la musique Tanzanienne, c’est à dire une musique qui ressemble à celle de nos Dom Tom, ce qui peut surprendre pour qui s’attend à des mélodies comme on en trouve en Afrique de l’Ouest. Je reconnais la chanson la plus connue, celle qui est dorénavant destinée aux touristes:

Dans mon carnet de voyage

Ici un lien pour cette chanson avec un arrangement terrible!

J »ai appris cette chanson en 2004, quand j’habitais Perpignan. J’entends encore ma copine Lætitia la chanter. J’avais déjà décidé d’apprendre un jour le swahili et de partir en Tanzanie.

Damien a décidé de nous emmener dans une boîte locale pour danser. Elle se trouve à côté du Mamcho Garden. A l’intérieur, je décide de ne pas me laisser abattre et danse comme une petite folle sur du RnB. un grand écran passe des clips qui se ressemblent tous: un chanteur congolais à bijoux rutilants et lunettes noires, et des poulettes moitié nues engluées contre lui. Yannick est complètement statique au milieu de la piste, j’ai l’impression qu’il fait une crise de tétanie. Nous sommes les seuls Blancs, et l’ambiance n’est pas fameuse, sans doute à cause de l’attitude arrogante de Damien. A la sortie, sur le parking, il se met à parler très fort de safaris, de marques de 4×4, d’argent… c’est démesuré, irrespectueux, j’ai honte pour lui.

Je passe la fin de la soirée, mais on a atteint le sommet de la connerie en deux détails de la conversation:

Yannick a un chauffeur, il n’a jamais pris un matatu tellement il flippe. Il ne fréquente pas de locaux.

Jessica ne sait pas si elle habite au nord ou au sud d’Arusha, elle n’a pas regardé un plan depuis 4 mois qu’elle est là.

J’ai quand même dormi chez Damien, il était trop tard pour un bus; mais le matin, je suis partie aussi vite que j’ai pu.

Les prénoms des gens de qui je dis du mal seront toujours remplacés par des faux hihi!

Jour 8: Arusha Ces gens qui y vivent

Wildlife Society

Enfin de vraies rencontres! Ce matin j’ai réussi à joindre Franklin, le fameux vétérinaire dont j’avais le contact. Alors, je ne sais pas s’il est vétérinaire, mais il travaille à la Wildlife Society dont les bureaux sont au National Museum. Il se trouve au nord de la Boma Road, un quartier que j’ai assez arpenté hier pour le connaître.

Pauv'bêtes!

Passée la grille d’entrée, je cherche le bureau de Franklin quand je tombe sur une pièce remplie de trophées animaliers, un atelier de taxidermie. Au milieu de cet alignement de têtes mortes, un ouvrier me regarde en rigolant, je dois faire une drôle de tête… Il a la gentillesse de m’amener à Franklin.

Franklin est un large monsieur à l’air paisible qui parle peu et écoute attentivement ce que j’ai à lui dire: que je souhaite faire du bénévolat, me renseigner sur les possibilités d’approcher les animaux autrement que dans un Land Cruiser en safari, pour lequel je n’ai d’ailleurs pas de budget. Franklin me fait passer de l’espoir au découragement toutes les dix secondes:

– Oui il est possible de faire un stage à la Wildlife Society.   🙂

–  Mais il faut s’engager au moins trois mois.   😦

– Mais il a peut-être un contact qui peut me prendre une semaine.   🙂

– Mais ce n’est pas avec les animaux sauvages, c’est un vétérinaire de bétail.   😦

– Mais il va soigner le bétail des Maasaïs.   🙂

– Mais pas cette semaine.   😦

Il me dit de l’accompagner chez le vétérinaire en question, à deux pas. En chemin, nous croisons une petite termitière en construction sur un trottoir, je m’arrête pour l’observer. Il me sourit : « Ah oui, si même ça, ça t’intéresse, c’est que tu es une vraie! Tu vois, là elle est presque plate; mais si tu verses un peu d »eau, demain, elle dépasse ta hauteur. »

Babi Marabu

Le vétérinaire est absent, nous revenons donc au bureau. Dans l’entrée du musée,  Franklin dit soudain qu’il veut me « présenter quelqu’un de très vieux ». Je suis intriguée par cette introduction. Dans le jardin derrière le musée, il y a un marabout tout pelé. Il n’est pas très sauvage. Il y a quelques années, on l’a trouvé blessé.  Il a été soigné ici, et depuis il se promène librement. Il ne peut plus voler. De près, sa taille est moins impressionnante : les marabouts des rond-points de Nairobi me paraissaient géants.

Franklin me donne rendez-vous le lendemain au siège d’un autre organisme de protection de la nature pour tenter quelque chose avec eux. Je retourne vers le centre.

Mamcho Garden

Je rêve d’un endroit calme, comme un parc, avec un café à l’extérieur. Mais ce n’est pas l’Ecosse, bon sang! Je dois m’efforcer d’avoir des envies réalistes.

Comme je suis plantée à réfléchir à l’endroit où je vais pouvoir aller, un petit gars s’approche et me demande poliment s’il peut m’aider. Je lui explique donc que je cherche les jardins de l’université de Glasgow. On dirait que ça lui parle, car il me propose de le suivre. Juste avant le pont de la rivière Naura, je découvre sur la droite un petit café local avec des tables dehors, disséminées sur une pente en terrasses qui descendent vers la rivière, au beau milieu d’une bananeraie. Aaaaaah! Pour la peine, j’invite mon guide à boire un verre.

Au Mamcho Garden

Melvin m’explique que son travail consiste à rameuter les clients vers la boutique de son patron. Il ne m’a même pas poussée à aller voir les articles qu’ils vendent, ce que j’apprécie beaucoup. C’est un garçon à l’air doux et intelligent; il me confie qu’il rêvait de devenir avocat pour défendre les droits de l’homme dans son pays. Il m’apprend l’existence du tribunal pénal international d’Arusha, qui juge les crimes de guerre commis au Rwanda (la Tanzanie et le Rwanda font partie de la Communauté d’Afrique de l’Est). Malheureusement, Melvin a perdu ses parents, n’a pas été assez bon à l’école et n’a jamais eu assez d’argent pour entamer des études. Bientôt son copain Mike nous rejoint, le bonnet vissé de travers sur ses oreilles décollées, il a une telle bonne humeur contagieuse que je l’invite également à boire un verre. Nous passons  deux bonnes heures à s’apprendre des mots de swahili et de français. Ce sont les personnes les plus gentilles que j’aurai connues à Arusha.

Jour 7 : Arusha premiers pas

Le matatu

Au bord de la route, mes 300 Tsh dans la main (15 cts), je vois arriver le matatu dans un nuage de poussière rouge. On peut se mettre n’importe où sur son trajet, faire un signe, il s’arrête. Je pense à ces chauffeurs de bus en France contre lesquels j’ai si souvent fulminé parce qu’ils n’ouvrent pas les portes en dehors des arrêts, même quand c’est le dernier à minuit…

Tout s’appelle Kili ici!

Dans le matatu, je déchire ma basket en toile qui s’accroche à un bout de ferraille. Merde! Il faudra bien qu’elles tiennent encore 3 semaines. Je prends une place près d’une fenêtre au fond, mais quelques arrêts plus loin, je me retrouve écrasée contre la vitre car trois mamas se sont entassées sur ma banquette, et nous n’avons pas la même corpulence! Heureusement, je me suis fait bouillir de l’eau ce matin, je crève de soif!

Matatu signifie « trois », car c’était le prix du trajet quand il a été créé au Kenya. Chaque matatu a un chauffeur et un auxiliaire qui fait monter et descendre les gens et récolte l’argent. Pour dire au chauffeur de s’arrêter ou de repartir, il frappe deux coups sur la carrosserie. Quand c’est le moment de récolter l’argent, il secoue sa main pleine de monnaie sonnante et la tend vers chaque

Jésus et sa mère… ah non c’est Béyoncé!

passager.

Le plus important dans le matatu, c’est son style! Chaque matatu a un petit nom ou un slogan sur de gros autocollants colorés, genre le camion de Marcel le routier, mais pour les transports en commun. Et la musique diffusée colle à l’étiquette. Il y a des matatu rasta par exemple, rouge jaune vert, avec des portraits en graf de chanteurs célèbres, il y en a des chrétiens avec des signes de paix et des images de Jésus, et les plus intéressants sont ceux qui mélangent tout!

On m’a dit: « Au Kenya, on appelle ça des matatus et en Tanzanie des dala-dala, ça désigne le même type de minibus ».  C’est vrai dans le nord, mais en réalité les dala-dala sont des camionnettes à Zanzibar avec deux bancs en bois derrière où les passagers se font face.

Autour de la clocktower

La clocktower m’a été indiquée comme le centre de la ville. Mais personnellement je me sens un peu à l’est (c’est mieux que de l’autre côté), et surtout je vais apprendre qu’il y a plusieurs clocktowers en ville, faut pas se tromper. Je remonte la Boma Road pour prendre un plan à l’office du tourisme. Le Safari Hotel se trouve en haut de cette rue. C’est le coin des touristes. Donc c’est le coin du harcèlement par les vendeurs locaux.

« Olà! Olà!

Je me retourne: – Are you speaking to me?

-Si signora, buenos dias! Qué tal?

-Heu buenos dias, muy bien… why do you think I’m spanish?

-Because of your red hair, where are you from?

-France

– Ahaa! Paris ye t’aime ah la la monamour! Safari madmoizel?

– No thanks, no money no safari… »

Hé voilà, ça, tous les jours, au début ça fait rire, ensuite on se promène avec un petit nuage noir au-dessus de la tête comme dans les BD.

A mi-chemin du Caire et de Cap Town, la clocktower d’Arusha

D’ailleurs, c’est nuageux, on ne voit pas le Mont Meru, et puis j’ai le cœur un peu lourd…Moi, j’ai bien besoin d’aller prendre et donner des nouvelles de mes proches dans un cybercafé, et boire un bon café kenyan. Je ne sais pas du tout ce que je vais pouvoir faire de mes journées. Un couchsurfeur m’a donné  le contact d’un vétérinaire, peut-être un peu de bénévolat? Si Arusha m’ennuie, j’irai chez mon prochain contact, un français qui vit vers Babati plus au sud.

Le marché

J’ai retrouvé Daniel, mon jeune allemand barbu, au Safari Hotel, et il m’accompagne au marché central pour acheter des légumes. Dès qu’on arrive, quelques jeunes garçons nous demandent ce qu’on cherche, insistent, nous proposent des fruits… pas moyen d’être tranquille. Daniel m’explique que les mamas ne parlent que kiswahili, et les gamins qui parlent un anglais correct, font l’intermédiaire et glanent queqlues pièces au passage.  Pour ma part je préfère parlementer avec les mamas, en remplaçant par des signes les mots que je ne connais pas, mais les gamins ne l’entendent pas comme ça, ils se mettent carrément entre elles et moi. Je cède et leur demande des avocats, des tomates, des oignons. C’est la saison froide et le choix est restreint.

Le marché couvert vu d’en haut

J’ai un  accrochage avec un des petits intermédiaires, car je refuse son prix et il se fâche. Je crois qu’il avait besoin de lâcher tout ce qu’il avait contre les touristes, car il l’avait vraiment mauvaise. Il me demande agressivement si c’est un jeu pour moi, de marchander; je lui répond que je paierai un prix juste, pas multiplié par cinq. Finalement la tension monte alors je lui paie le prix qu’il me réclame, je ne veux pas attirer la police corrompue qui patrouille et adore draguer les Mzungus (Blanches). Des gamins de sept-huit ans nous proposent de porter nos sacs jusqu’à la route en échange de quelques pièces.

Ce léger conflit me plonge pour l’après midi dans une réflexion amère. Je sais que j’avais raison, j’ai demandé et comparé les prix à de nombreuses reprises depuis. J’aurais aimé lui expliquer, à ce gamin qui me prend pour une riche qui l’exploite, que je dois aussi faire attention, que je ne me sens pas en vacances, que j’ai vidé mon compte pour partir loin de ce que je fuyais, que je n’ai pas d’économies, que d’ailleurs les riches ne sont pas tous des cons, et que les pauvres en comptent un bon nombre. Comment pourrait-il comprendre, lui qui n’a pas comme moi de quoi s’offrir un petit-déjeuner, qui a sans doute une famille qui compte sur son revenu, qui ne voit passer que des touristes super-équipés et des stagiaires du tribunal qui claquent leurs sous en alcool le week end?

Et ce n’est pas la dernière fois que ma conscience travaille, se révolte ou s’apaise…

Daniel n’a pas bronché, pas pris partie dans notre dilemme; il m’a paru un peu poltron sur le coup. Et du coup, le jeune lui disait : « You are a good guy, but your wife (!), bad woman, bad! » Pff, facile d’avoir le beau rôle, quand on n’ose pas donner son opinion!

Fatiguée, je rentre avant la nuit et me cloître dans la petite maison de Njiro. Je cuisine, me plonge dans mon livre « la Ferme Africaine », j’écris, fais un peu de lessive… difficile de sortir de l’affect quand on n’a personne à qui parler. Autant aller se coucher!

Jour 6: Passage en Tanzanie

Drôle d’accueil

Après quelques difficultés, embouteillages, bus déjà parti, course poursuite,  j’ai réussi à attraper la navette Nairobi-Arusha. Toute brinquebalée sur dit-on la meilleure route du pays, je suis contente d’aller enfin en Tanzanie.  Je dois être accueillie par un autre couchsurfeur, Charles, à qui j’ai parlé par Skype avant mon départ. Il est marié, a une jolie maison, un chien et une compagnie de safari. Sur le site internet, son profil a de nombreux commentaires positifs.

ancien et nouveau billet de 2000Tsh

Le paysage est morose, comme le temps, et la seule attraction est Namanga, la frontière. Voir l’article « passeport et formalités ». J’en profite pour obtenir mes premiers billets tanzaniens au bureau de change. Il y a des lions dessus!

A la gare routière d’Arusha, je suis assaillie par les offres de taxi, hôtel, et je ne sais quoi encore, et dans un brouhaha vertigineux j’entends mon nom. C’est Maggie, l’épouse de Charles, qui est venue me chercher dans un énorme Land Rover. Cette femme élégante m’impressionne immédiatement; on la sent riche et puissante, et ma fatigue me rend timide. Elle me dépose au bar du Safari Hotel où se trouve Charles. Il se passe alors quelque chose d’étrange. Après les présentations, Charles m’invite à m’asseoir à sa table, me pose quelques questions polies, puis se replonge dans son travail sur un ordinateur. Il ne va quasi plus m’adresser la parole… Je me sens très mal! Je ne sais pas ce qu’il a prévu, ni où je vais être hébergée, et mes tentatives de conversation sont vaines. Mon « qu’est-ce que je fous-là? » me revient comme une migraine.

Heureusement au bout d’une heure étouffante, Maggie revient avec un jeune allemand, me le présente comme mon colocataire, et m’embarque avec eux.

Njiro Road

Je ne vais donc pas partager la vie de Charles et Maggie. Ils ont pour leurs invités, une maison au sud de la ville, vers Ngoro Fambili. Au milieu des champs de maïs et des fermes, j’ai une chambre face à celle de l’allemand, une cuisine et des sanitaires à partager. Une autre façon de faire du couchsurfing, au moins j’ai intimité et tranquillité. Daniel est un étudiant allemand qui étudie le projet gouvernemental de construction d’une voie rapide dans le Serengeti, qui couperait le chemin de la migration de la faune. Une catastrophe pour l’écosystème!  Ce projet a, je crois,  été abandonné depuis grâce à des oppositions venues du monde entier, notamment de l’Unesco.

Attention, les bières sont servies tièdes en Afrique de l'est!

Je suis bien contente de discuter autour d’une bière avec Daniel qui m’explique comment et où prendre un matatu pour se rendre en ville et me délivre quelques précieuses informations pour que je parvienne à me débrouiller.

Je l’interroge sur le comportement de Charles, mais il le trouve charmant et m’apprend qu’il est également politicien depuis peu, donc très occupé. Bon.

Malgré tout, je n’ai pas un bon moral, et je reçois le coup de grâce en apprenant que pour entrer dans un parc national, il faut payer entre 30 et 50$ par jour. J’ai eu l’illusion de pouvoir faire un safari, mais je sens que je n’en aurai pas les moyens. De plus, Daniel me dit qu’il n’y a pas d’animaux en dehors des parcs, et que de toute façon, il faut une voiture pour se déplacer en dehors des grands axes…

Est-ce que je suis venue jusque là pour rester dans les villes?

1. Et pourquoi en Tanzanie?

Question récurrente! Je bafouille toujours une réponse improbable, parce que, soyons honnête, je n’en sais rien.

« Pour la faune sauvage, les arbres, les tribus… parce que « Le Lion » de Kessel est une lecture d’enfance peut-être…

– Ben oui mais ça se passe au Kenya, alors pourquoi pas le Kenya?

-…

-Hein? Pourquoi en Tanzanie?

-Heu, Jules Verne aussi c’est un livre que j’aimais bien, il fait partir les héros de « Cinq semaines en ballon » de Zanzibar, et survoler la savane et le lac Victoria…

– Oui mais bon, ils survolent aussi le Tchad et ils atterrissent au Sénégal.

-Le tourisme en Tanzanie c’est moins cher qu’au Kenya…

-Non.

-Le Roi Lion ça se passe dans le Ngorongoro non?

– Ben tiens et comment tu peux savoir ça?

– C’est un truc que je sens, tu vois… le rocher de Mufasa, il domine une immense plaine, ça ne peut être que le fameux cratère… »

Bref, j’ai eu l’argument bancal mais à présent je sais quoi répondre:

C’est là qu’on parle l’authentique kiswahili, c’est donc l’idéal pour mon apprentissage de la langue.

Mais au fond, parfois, je crois qu’il n’y a pas d’autre explication qu’une envie profonde de partir pour une destination précise. Et d’y retourner!

En attendant,  voici mon expérience tanzanienne. N’hésitez pas à commenter mes posts, que vous connaissiez bien la Tanzanie ou que vous n’y ayez jamais mis l’orteil. Ca me fera plaisir!