J7 les Monts Usambara de l’Ouest

Etape vertigineuse dans les monts Usambara

C’est parti pour 5h de bus en direction du sud. Avec la télé à fond, parce que, on commence à s’habituer, en Afrique, le son n’est jamais trop fort. Les larsens, les grésillements, les aigüs qui font saigner les oreilles délicates des Européens sont un doux plaisir pour les Tanzaniens, et les enfants dorment dans le giron de leur mère comme si on leur jouait une berceuse !

Sur la route qui file au sud jusqu’à Dar es Salaam, on s’arrête à Mombo, bourg animé au pied des Monts Usambara de l’Ouest, pour prendre un taxi pour le petit village de Mambo, perché dans les 1600 mètres de hauteurs. Ce n’est pas très élevé, c’est la même altitude que le village de Nkweshoo, mais la vue est si spectaculaire qu’on se croirait sur un haut sommet.

Ici Herman et Marion, un couple de Néerlandais, ont bâti il y a une dizaine d’années un projet qui leur ressemblerait, et se sont installés dans ce village isolé. Ayant parcouru le monde pour suivre des projets de développement, déçus de constater beaucoup de gâchis d’argent, ils ont quitté les grosses structures pour créer leur petite entreprise d’hôtellerie solidaire avec le village qui les accueille.

Atteindre le Mambo View Point demande un effort, aussi les  voyageurs réservent toujours pour plusieurs nuits. La journée, entre les balades dans le village, la forêt de Shagayu et les falaises pour observer les faucons Taita et autres rapaces des hauteurs, le temps passe vite et il est vraiment recommandé de rester au moins trois nuits. Les guides ornithologues nous apprennent tout sur les tisserins, martinets, boulbouls et fauvettes, et dans la forêt le jeu est de trouver les incroyables caméléons bicornes. Il y a des randonnées possibles sur deux à cinq jours, avec des étapes dans des couvents ou chez l’habitant dans les villages sur le chemin.

 

 

 

Pas d’inquiétude, je l’ai relâché juste après la photo ! Le pauvre !

Herman et Marion font un travail admirable pour le développement de la communauté de Mambo. Le mot d’ordre est l’autonomie, il s’agit de transmettre des compétences afin que la population embrasse les projets dans un esprit de développement durable. Les actions sont nombreuses et reliées entre elles pour améliorer les conditions de vie: santé, éducation, énergie, routes, environnement, savoir faire artisanal… depuis 2012 avec leur association JamiiSawa, ils ont enseigné aux villageois:

  • comment construire un poêle qui n’émet pas de monoxyde de carbone
  • comment coudre des serviettes hygiéniques lavables
  • comment faire ses yaourts et son fromage
  • comment créer un terrain de foot
  • comment construire un pont
  • comment créer un système d’irrigation des cultures
  • comment dévier une route

Ils ont aussi fait une campagne de vaccination des chiens errants contre la rage, mis en place des ateliers cirque pour les enfants, dispensé des formations aux vétérinaires locaux,  aux agriculteurs, aux entrepreneurs, aux guides locaux, construit un dispensaire et deux écoles, financé des pompes à eau et des tablettes pour les cours !

Ca ne chôme pas dans la circonscription de Sunga !

En repartant, nous visitons la ville de Lushoto, marquée par la colonisation germanique, avec quelques maisons anciennes, cimetière des premiers missionnaires chrétiens, et le projet « Friends of Usambara » qui propose des balades guidées et développe une activité économique de pépinière pour la reforestation de la montagne.

On n’oubliera pas Herman, et les voyageurs qu’on lui envoie chaque année ont toujours la même remarque: la route est longue, mais le lieu en vaut la peine !

La Tanzanie change la vie!

Développer le voyage solidaire

C’est toute ma vie professionnelle qui a été bouleversée par ce pays. En recommandant d’abord mes rencontres tanzaniennes à des gens de mon entourage, puis à des lecteurs de mon blog, j’ai découvert avec surprise que j’étais faite pour organiser, conseiller, repérer, prospecter, sélectionner, et développer une activité autour du voyage avec des valeurs solidaires et équitables. J’ai acquis l’expertise du terrain, que ce soit de la connaissance des itinéraires, des saisons, de la faune sauvage, des ethnies, de la culture swahilie, mais aussi la connaissance approfondie du fonctionnement des agences de voyage locales, les tarifs pratiqués, les relations entre tous les acteurs du tourisme, les dérives du tourisme de masse, et la manière de rétablir l’équilibre, en circuit court,  dans un objectif de tourisme durable.

En neuf ans j’ai aidé des petites agences locales à avoir une visibilité parmi les voyageurs francophones, grâce aux bons commentaires des clients à leur retour, sur les forums des guides touristiques.

Avec les chauffeurs de Osiwoo Safaris

Chaque année depuis neuf ans, je suis retournée en Tanzanie pour développer cette activité et accomplir les missions listées ci-dessous:

  • accompagner un groupe sur un séjour aventure
  • travailler avec mes partenaires locaux Osiwoo Safaris et Amo Zanzibar Tours
  • assurer un suivi des projets que l’on soutient tels que le village d’Alais et les enfants des rues de Moshi (cf. ci-dessous)
  • visiter des hôtels, contrôler leur qualité, rencontrer de nouveaux managers
  • tester des prestations, activités, repérer de nouveaux territoires
  • s’immerger dans la culture swahilie pour de meilleures relations inter culturelles
  • se réunir avec les guides francophones et les chauffeurs pour le bilan annuel

En 2016 notre association de voyage solidaire a vu le jour, TUMBILI.

Banderole Finale

Tumbili, expertise et solidarité

Mon objectif est de promouvoir le voyage utile, en soutenant des initiatives locales en Tanzanie et à Zanzibar. J’ai rencontré des acteurs locaux du changement, que ce soit dans le domaine de l’éducation, l’environnement, la santé ou la conservation animale. De petites associations créées par des natifs ou habitants du pays méritent qu’on les mette en lumière!

Pour exemple, voici Morgan.

Morgan et un de ses protégés

Il est né à Moshi, et a été placé d’orphelinats en familles d’accueil jusqu’à un âge où il a pu se prendre en charge. Son expérience lui a soufflé la vocation d’accompagner les enfants qui subissent la même situation: il a créé une association, « Pamoja Tunaweza Boys and Girls Club », qui signifie « Ensemble on peut », pour aller à la rencontre des enfants qui vivent dans les rues de Moshi.

Etre présent, et attentif à leur évolution et les dérives possibles, prodiguer des coseils sur l’hygiène, la sécurité, organiser des ateliers de création artisanales recyclées à partir d’objets de récupération afin de leur permettre de générer de petits revenus, Morgan a fort à faire chaque jour et l’argent que nous apportons permet le fonctionnement de l’association et le développement de projets importants pour les enfants.  Voyez notre collecte la cantine des gosses de Moshi !

Le tournoi de foot annuel

Tumbili propose aux voyageurs de visiter les villages et projets que nous soutenons, afin de les financer directement et témoigner de leur développement.

La démarche a intéressé un prospecteur du Petit Futé, Jean Marc, qui est allé tester les services des agences locales lors d’une tournée en Tanzanie: et hop! Tumbili est référencé ici !

Ceci dit, il est temps de relater la fin du merveilleux voyage de mai 2017, qui a suscité une profonde réflexion chez tous les collaborateurs de Tumbili et Hotsun, et a donné le jour à une nouvelle entreprise solidaire au pied du Mont Kilimanjaro: Osiwoo Safaris.

Il est à parier que bientôt ce nom sera connu du voyageur francophone, car il est l’étendard d’une équipe expérimentée, dynamique et engagée dans le soutien aux communautés locales.

Osiwoo safaris logo-1