J6 – Machame Nkweshoo Cultural Tourism

Le massif du Kilimanjaro et la route de Machame

Quelques 10 kilomètres avant Moshi, un panneau de direction indique la célèbre « Machame Gate », l’une des portes d’entrées du parc national du Kilimanjaro et certainement la plus empruntée pour gravir le sommet. Une route de bitume part sur la gauche et longe une infinie rangée d’arbres qui cachent des plantations de fleurs à couper. A droite un espace plus dégagé avec des champs de céréales en premier plan, et au fond la forêt qui s’élance sur les pentes bleu vert du massif. Si le temps est clair, par chance, on est face au mastodonte tranquille, chapeau de neige ou pierre couleur peau de rhino, selon la saison. Mais la plupart du temps – pudique ou malicieux ? – il revêt son manteau de brouillard.

De Moshi ou des alentours, l’aspect du Kilimanjaro est variable. Plus l’on s’approche de sa base, moins il paraît élevé, alors qu’en prenant du recul, loin dans la steppe Maasai, ou en s’éloignant vers Arusha, il domine les plaines , monstre endormi, vieux sage bienveillant. Ne montre parfois que sa tonsure blanche, parfois que les plis du bas de sa robe, entre deux lèches de fumée. Qui ne l’aperçoit qu’une fois, dans un de ses mauvais jours, peut être déçu – le niveau de l’expectative – et qui le voit régulièrement sera toujours surpris des variations de son allure, ses couleurs et sa densité. Et le Mawenzi, tout en aiguilles et colère, qui tourné vers son grand frère, semble vouloir le suivre sans jamais le rattraper.

Du terrain où les militaires font leurs exercices

au centre ville

 

de la gare routière

des hauteurs de Moshi

de la route des sources d’eau chaude

La route goudronnée devant nous prend un virage sec à gauche, mais nous continuons tout droit sur le chemin de terre sur environ 3 kilomètres. Il devient de plus en plus étroit et cabossé, la côte plus raide, mais voilà enfin le panneau: Machame Nkweshoo Cultural Tourism. Le portail en fer s’ouvre, un groupe de femmes nous accueille en chantant et en agitant un bouquet de longues feuilles vertes.

 15 femmes autour de Mama Stella

Voici de loin mon projet de tourisme culturel préféré. Stella, dans la lignée de son père, bienfaiteur apprécié du village, décide en 2013 de suivre une formation dispensée par le ministère du tourisme. Celle-ci vise à pousser les villages à créer leur entreprise de tourisme culturel. De là naît Nkweshoo Machame Cultural Tourism, et une quinzaine de femmes  se rassemblent autour de Stella pour générer des revenus dans le village. Il faut d’abord valoriser le patrimoine naturel et historique : les chutes d’eau, les cavités dans lesquels se cachaient les ancêtres lors des invasions Maasai, qui venaient voler le bétail. Le brouillard était leur ami alors, et les Maasai, en terrain hostile, habitués des plaines, ne trouvaient pas les femmes cachées dans les grottes le long de la rivière.

Mama Stella

Valoriser leur histoire, et celle de leur activité économique: les 18 variétés de banane, les plantations de café, l’igname, les haricots, le maïs,  une agriculture qui aide à subsister mais ne permet plus de gagner correctement sa vie. Les bananiers appartiennent aux femmes chez les Chagga, mais il faut donner l’argent de la vente aux maris, et ceux ci ne sont pas toujours économes ou protecteurs, et la banane, on en fait de la bière aussi… les maris Chagga aiment bien ça, la bière de banane !

Valoriser leur habileté, fines cuisinières, torréfactrices, artisanes, en proposant un atelier fabrication de batik et teinture à la cire.

Le projet a pris forme, les visiteurs viennent à la ferme, grâce à un lodge, une ONG et Tumbili. On s’y sent comme un dimanche chez sa grand mère de la campagne. Et les revenus ont permis de compléter les salaires des instituteurs, d’envoyer 11 enfants à l’école primaire, de construire des aménagements pour les chambres d’hôte, d’aider le dispensaire et les aînés isolés qui ne touchent pas de retraite.

A l’école

Au tableau de la salle des profs

le potager bio de l’école

la chambre d’hôte

Quand nous rendons visite à Stella, c’est toujours le même rituel: le matin on boit le café en poudre, le « Africafé », mais l’après midi, comme pour savourer la différence, on ne repart pas sans un bon café local torréfié sur place. Entre temps arrive le repas composé de riz pilau, bananes en sauce ou frites, mchicha (sorte d’épinards), maharage (haricots rouge au lait de coco)… On parle beaucoup et longtemps, on prend des nouvelles. Stella nous raconte ses entrevues avec les jeunes filles et les femmes du village. Son objectif est de les sensibiliser et les éduquer. Ses sujets de prédilection sont la sexualité, les relations affectives, la maternité, le mariage, la contraception. Les jeunes filles sont incroyablement ignorantes à cause des tabous posés par la communauté et Stella souhaite leur éviter des situations aliénantes par manque d’information. Une loi a été promulguée l’année dernière comme quoi une fille enceinte n’est plus autorisée à reprendre des études, définitivement. Même après accouchement, même quand l’enfant sera scolarisé, jamais. La croisade de Stella: éviter la grossesse des filles scolarisées.

Une villageoise au champ

On passe au dispensaire, apporter les médicaments laissés généreusement par nos clients. Le gouvernement fournit la plupart des médicaments de base de type antibiotiques, anti inflammatoires, compresses, gants jetables etc, mais les prothèses sont très appréciées de même que… la pilule du lendemain qui fait son effet !

On rend visite à quelques aînés du village, toujours heureux d’avoir de la visite, on apporte du sucre, du savon, on papote rhumatismes et météo.

Mama Stella nous remercie de lui envoyer des visiteurs régulièrement.  Comme elle s’inquiète, on lui assure qu’on a de très bons retours.

« Mais mama, il n’y a pas que nous qui vous envoyons des gens tout de même? Il y a le lodge à Usa River, et puis cette ONG suédoise… »

– Oui, oui un peu, mais le nouvel évier à vaisselle, le réservoir d’eau, ça c’est que Tumbili, on sépare les budgets !

– Ah bon, nous on finance le confort de la ferme alors?

– Mais non ! le salaire des instituteurs, les scolarisations des enfants, les aides aux aînés, et en plus, les améliorations des installations ! Je veux dire vous, c’est plus que les autres !

Nous voilà rassurés 🙂

Une partie des mamas de Nkweshoo

 

Chez Laizer

Au travail !

J’aimerais vous parler de Laizer, le chef Maasai d’une grande boma (village). Il vit dans un enkang (ensemble d’habitations traditionnelles ceint par une clôture d’arbustes épineux) à l’est de l’aéroport, c’est le début de la grande steppe Maasai qui s’étend au sud jusqu’à Dodoma. Une terre très aride où les femmes font des kilomètres pour aller chercher de l’eau au puits, et d’où il faut partir en transhumance les mois les plus secs pour emmener les troupeaux paître l’herbe tendre des terres de l’ouest.

Laizer a décidé d’ouvrir son village au tourisme culturel afin de soutenir l’économie de la communauté, financer les formations des jeunes qui souhaitent poursuivre leur scolarité, développer l’élevage, aider aux frais médicaux des familles. A peine arrivés nous voyons les femmes occupées à la construction d’une maison pour les hôtes. Au boulot! Elles nous apprennent à faire le mélange de terre, eau et bouse de zébu qui va colmater les espaces entre les branchages et isoler très efficacement la maison.

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Cette maison va permettre d’accueillir des voyageurs pour la nuit. Elle a été placée un peu à l’écart du centre du village, pour que chacun conserve son intimité. Auparavant les rares visiteurs dormaient là où je vais m’installer pour la nuit : ma claustrophobie sera mise à l’épreuve…

Mais déjà le bétail est en vue, et l’heure de la traite arrive.

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Je vais dormir dans une hutte traditionnelle, basse et colmatée de partout à l’exception d’un petit trou auquel je vais coller mon nez toute la nuit, car par bonheur il est à hauteur du lit.

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Le lit est une litière de branchages, recouvert d’une couche de fourrage et de peaux de chèvre. Après avoir testé, j’ai décidé que, juste au cas où, on apporterait des matelas la prochaine fois, ou alors il faut vraiment rajouter deux-trois bonnes couches de fourrage!

En dehors du manque d’oxygène et du mal de dos,  j’ai passé une très bonne nuit ! Non, vraiment, sans ironie, il y a quelque chose de magique à dormir de la même façon qu’il y a mille ans, et je pense à ces éleveurs qui, en France, juste avant l’avènement de l’électricité, partageaient la maison et l’âtre avec les troupeaux. L’odeur des herbivores est mon odeur du bonheur! Les bruits des bêtes et leurs petits, juste à côté, les grillons, les hommes qui déroulent la langue Maa au dehors, le feu qui crépite, n’est-ce pas à vivre une fois dans sa vie? « Voir » les Maasais peut être un rêve, mais quand on le vit, on comprend que les autres sens sont bien plus émus: sentir, écouter, toucher « kimaasai » (à la manière Maasai).

A l’aube, en quête d’air frais, je sors de la hutte. Tout est endormi. Et là bas, discret comme parfois la lune peut l’être en pleine journée, un sommet se dessine à l’horizon. C’est le Mawenzi, à 5 149 mètres, qui émerge sur la plaine.

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C’est pas très impressionnant, en photo, comme ça… mais l’amas de nuage à gauche, s’il se déplace, c’est la splendeur du massif entier du Kilimanjaro qui apparaît; combien de fois je retiens mon souffle, combien de fois le sommet du Kibo joue à cache cache, surgit furtivement, disparaît à nouveau, par dessus, par dessous les strates cotonneuses!

Et nous voilà comme des anglais, à boire le thé au lait et les petits biscuits en parlant de nos cultures. Laizer me demande pourquoi les femmes mettent des pantalons. Je réponds que c’est pratique, et correspond à notre époque; qu’il y a longtemps, les hommes portaient des robes, comme ici, j’explique les Romains, Laizer explique ses traditions. Il pensent que les jeunes doivent avoir le choix, et soutient autant les gosses qui souhaitent faire des études que ceux qui restent à la vie pastorale.

Si je veux aller au marché Maasai? Evidemment!

Laizer prend mon appareil photo, qu’il gardera dans sa main ballante, mitraillant tous les recoins du marché sans aucun intérêt pour le cadrage et le niveau de l’horizon. Je poste ici celles qui par hasard, sont réussies!

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Voilà un étal qui m’a fait grande impression: la médecine naturelle des Maasai ! Bien entendu j’ai demandé « c’est quoi ça? » pour la moindre poudre, épice, racine, herbe que ces petits sacs contenaient. Le vendeur est resté très patient malgré nos efforts interminables pour traduire un nom Maasai en swahili puis en anglais puis en français. J’ai bien entendu tout oublié depuis.  J’ai fini par acheter une poudre de racine de je ne sais plus quoi ( sijui en swahili ^^) contre le rhume, et … une bouse d’éléphant séchée. Enfin, de l’herbe digérée quoi. C’était le premier contact, depuis j’en ai fumé aussi, qui sait quand j’en mangerai !

Plus tard dans le séjour, à Babati, un gros rhume m’a terrassée toute une journée: le soir, trois cuillers de cette poudre (un goût de… terre au piment…) , une inhalation de caca d’éléphant, et tout est parti en une nuit. Je vous en ramène la prochaine fois? (Bon par contre je vais éviter de l’acheter car on en trouve par terre,  quand même ! )

Réflexions sur le tourisme culturel

J’ai décidé que j’inciterai les gens à passer la nuit chez les Maasai.  Parfois on m’avoue une crainte tout à fait défendable: « On ne veut pas aller dans les pièges à touristes » . Mis à part quelques villages du bord de la route en allant au Serengeti,  qui sont connus pour être des reconstitutions, un peu comme nos écomusées, on a peu de chance d’être déçu d’une visite aux Maasai, à condition d’éviter les visites éclairs bien entendu. Inutile de réfréner notre curiosité ou de craindre d’offenser ce peuple qui a un grand sens de l’humour et peu de sujets tabous.

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Bien entendu, si l’on sent que les villageois font des démonstrations à contre cœur, s’ils ont une mine contrariée, il peut y avoir un problème, mais dans ce cas, je suggère de leur parler. Rien n’empêche de leur dire qu’on ne peut pas apprécier qu’ils fassent quoi que ce soit de manière forcée. Cela m’est arrivé chez les Hadzabe. J’étais indignée qu’un grand père qui avait manifestement mal à une jambe participe à la danse. Je l’ai dit, il m’a remerciée, s’est arrêté,  et j’ai décidé de ne plus jamais envoyer de voyageurs chez les Hadzabe. C’est très différent pour eux. Ils ne connaissent que très peu le monde qui les entoure, ils ne croient pas que tout change, alors qu’ils sont anéantis par le tourisme forcé. Les Maasai, aujourd’hui, proposent du tourisme culturel de leur plein gré. Si on a des doutes, pourquoi ne pas se renseigner: combien gagne le village sur votre visite? Combien pour l’agence? Est-ce équitable? Poser ces questions, après tout, c’est s’enquérir du bien être de nos hôtes.

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Bienvenue chez les authentiques Maasai de 2017 !

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La Tanzanie change la vie!

Développer le voyage solidaire

C’est toute ma vie professionnelle qui a été bouleversée par ce pays. En recommandant d’abord mes rencontres tanzaniennes à des gens de mon entourage, puis à des lecteurs de mon blog, j’ai découvert avec surprise que j’étais faite pour organiser, conseiller, repérer, prospecter, sélectionner, et développer une activité autour du voyage avec des valeurs solidaires et équitables. J’ai acquis l’expertise du terrain, que ce soit de la connaissance des itinéraires, des saisons, de la faune sauvage, des ethnies, de la culture swahilie, mais aussi la connaissance approfondie du fonctionnement des agences de voyage locales, les tarifs pratiqués, les relations entre tous les acteurs du tourisme, les dérives du tourisme de masse, et la manière de rétablir l’équilibre, en circuit court,  dans un objectif de tourisme durable.

En neuf ans j’ai aidé des petites agences locales à avoir une visibilité parmi les voyageurs francophones, grâce aux bons commentaires des clients à leur retour, sur les forums des guides touristiques.

Avec les chauffeurs de Osiwoo Safaris

Chaque année depuis neuf ans, je suis retournée en Tanzanie pour développer cette activité et accomplir les missions listées ci-dessous:

  • accompagner un groupe sur un séjour aventure
  • travailler avec mes partenaires locaux Osiwoo Safaris et Amo Zanzibar Tours
  • assurer un suivi des projets que l’on soutient tels que le village d’Alais et les enfants des rues de Moshi (cf. ci-dessous)
  • visiter des hôtels, contrôler leur qualité, rencontrer de nouveaux managers
  • tester des prestations, activités, repérer de nouveaux territoires
  • s’immerger dans la culture swahilie pour de meilleures relations inter culturelles
  • se réunir avec les guides francophones et les chauffeurs pour le bilan annuel

En 2016 notre association de voyage solidaire a vu le jour, TUMBILI.

Banderole Finale

Tumbili, expertise et solidarité

Mon objectif est de promouvoir le voyage utile, en soutenant des initiatives locales en Tanzanie et à Zanzibar. J’ai rencontré des acteurs locaux du changement, que ce soit dans le domaine de l’éducation, l’environnement, la santé ou la conservation animale. De petites associations créées par des natifs ou habitants du pays méritent qu’on les mette en lumière!

Pour exemple, voici Morgan.

Morgan et un de ses protégés

Il est né à Moshi, et a été placé d’orphelinats en familles d’accueil jusqu’à un âge où il a pu se prendre en charge. Son expérience lui a soufflé la vocation d’accompagner les enfants qui subissent la même situation: il a créé une association, « Pamoja Tunaweza Boys and Girls Club », qui signifie « Ensemble on peut », pour aller à la rencontre des enfants qui vivent dans les rues de Moshi.

Etre présent, et attentif à leur évolution et les dérives possibles, prodiguer des coseils sur l’hygiène, la sécurité, organiser des ateliers de création artisanales recyclées à partir d’objets de récupération afin de leur permettre de générer de petits revenus, Morgan a fort à faire chaque jour et l’argent que nous apportons permet le fonctionnement de l’association et le développement de projets importants pour les enfants.  Voyez notre collecte la cantine des gosses de Moshi !

Le tournoi de foot annuel

Tumbili propose aux voyageurs de visiter les villages et projets que nous soutenons, afin de les financer directement et témoigner de leur développement.

La démarche a intéressé un prospecteur du Petit Futé, Jean Marc, qui est allé tester les services des agences locales lors d’une tournée en Tanzanie: et hop! Tumbili est référencé ici !

Ceci dit, il est temps de relater la fin du merveilleux voyage de mai 2017, qui a suscité une profonde réflexion chez tous les collaborateurs de Tumbili et Hotsun, et a donné le jour à une nouvelle entreprise solidaire au pied du Mont Kilimanjaro: Osiwoo Safaris.

Il est à parier que bientôt ce nom sera connu du voyageur francophone, car il est l’étendard d’une équipe expérimentée, dynamique et engagée dans le soutien aux communautés locales.

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J17 – Barafu camp – Stella Point – Moshi

L’ascension de nuit

Mon guide a eu la délicatesse de me laisser dormir jusqu’à minuit au lieu de 23h. La fraîcheur de la nuit me donne un coup de fouet. Comme chaque matin, je fais mon sac en buvant un thé brûlant, mais cette fois dans le noir. Il y a du remue ménage autour mais je ne distingue que quelques lueurs de torches. Huit heures de sommeil m’ont fait du bien et je me réjouis intérieurement du caractère ultime de la prochaine marche. Hier j’ai vécu la plus longue journée de ma vie, et je ne sais pas encore que je m’apprête à connaître ma plus longue nuit. Dans cette immense obscurité, un train de lumière s’est mis en marche. Chaque marcheur a sa lampe frontale. Comme des nains dans une mine. On se met à la file.

Pendant 5h, on ne voir que de la roche et du sable noir dans les cercles lumineux. A peine une heure après le départ, un vent glacial s’est levé, infiltrant lentement chaque micro ouverture dans nos triples couches de vêtements. Parfois, comme au Barranco wall, j’entends un pas de course au loin. Mais ce ne sont plus les porteurs qui nous dépassent: ce sont les guides qui redescendent, soutenant un marcheur trop faible ou malade pour continuer. Non, le Kilimanjaro, c’est pas de la rigolade. Je comprends aussi les gens qui parlent de challenge mental plus que physique. J’ai rarement autant peiné à me relever à chaque fois que je tombais. Les guides disent que cette ascension se fait de nuit car la vue de jour serait décourageante.

Après cinq heures dans un vent terrible, après avoir vomi de trop d’efforts une paire de fois, après avoir hésité à renoncer à chaque chute, après donc la plus dure nuit de mon existence, dont je passe volontairement tous les détails pénibles et émotions violentes, Johnson et moi arrivons au Stella Point, et à la vue du panneau, je m’écroule au sol, avec une seule envie, dormir.

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Les parcs nationaux nous félicitent par un panneau en forme de store. Est-ce qu’il y a un drapeau au Uhuru Peak, 200 mètres plus haut? J’ai du mal à croire que nous sommes à cette altitude. C’est comme toucher le fond de l’océan ou atteindre la lune. Mais je n’ai pas le cœur à faire des bonds comme Buzz Aldrin. Le soleil se lève sur le Mawenzi. Johnson fait quelques photos des alentours pour moi,  c’est beau à mourir. En parlant de ça, mon état me fait peur, je n’ai jamais été si faible.

« On continue ou on arrête là? me dit mon guide. Sa voix ne reflète aucune opinion sur la décision à prendre. C’est à moi de parler.

– Combien de temps jusqu’au sommet?

– 3/4 d’heure pour le Uhuru Peak.

Je réfléchis. S’il me dit ça, c’est que c’est un peu plus. J’ai appris à interpréter ses informations. C’est un bon guide, il sait qu’il faut parfois minimiser, parfois grossir les difficultés.

-Combien pour redescendre au campement?

– Deux heures. Mais une fois au camp on se repose deux heures et on descend encore. Il ne faut pas rester trop longtemps en altitude.

Je ne réfléchis plus.

-On descend.

-Sûre?

– 5739 mètres, c’est assez pour moi. »

Et puis d’ici, on voit déjà un bout du glacier. C’est vraiment beau, mais je n’en peux plus. Je ne suis plus rien. Un tas de membres endoloris qui repousse de violentes vagues de fatigue. J’aimerais dormir sur place, mais Johnson me gronde.

« Quand on s’endort en haute montagne, on meurt. »

 Péniblement il m’aide à me relever, et constate que je ne tiens plus debout seule. Je sens qu’en me voyant à la lumière du petit jour, il commence à s’inquiéter. Alors que je ne suis plus tout à fait consciente de ce qui se passe, il entreprend de me donner un support. Il me soutient par dessous l’épaule et entame la descente.

Cette descente, ce n’est pas de la marche, c’est… une dégringolade qui se transforme en envol. Johnson a décidé de couper au plus court, c’est à dire par les flancs sablonneux. Nous nous mettons à glisser, puis en prenant de la vitesse, il me soulève littéralement  et, sous l’effet de l’altération de mon esprit engourdi, je me sens enfin légère et heureuse. Je suis devenue un chamois à deux têtes bondissant dans le soleil levant.

De cette façon, on ne met pas longtemps à atteindre le camp. Moins d’une heure je pense. Enfin le camp se dessine au loin, on ralentit, doucement, jusqu’à l’arrêt. Ma tente m’engloutit.

Cinq minutes après, Johnson me réveille.

« Stéphanie?

– Hmmm.

-On y va?

-Non.

-Si, allez, un thé et on y va.

-Non, j’ai dis non.

-Stéphanie?

-J’AI DIT NON, T’AS DIT DEUX HEURES, JE DORS DEUX HEURES, ET MERDE! »

En réalité j’avais déjà dormi deux heures. Il m’a laissé une heure de plus. Je pense qu’il était inquiet et préférait atteindre les 4000 mètres au plus vite.

Retour à une altitude décente

 Bien sûr après ce court repos  je n’ai pas récupéré, mais la perspective d’un lit ce soir me donne du baume au cœur. Le début de la marche n’est pas facile, mais après cette terrible épreuve, mon moral revient, en même temps que ma lucidité. Je constate que je n’étais plus moi-même. Il y a eu dissociation entre mon corps et mon esprit à plusieurs moments. L’altitude modifie l’organisme, et plus je descend, plus je me sens à nouveau en phase avec l’habitat qui m’entoure. Mon monde se trouve en dessous de 3000 mètres. Au delà c’est un univers post apocalyptique magnifique et effrayant.

La végétation surgit peu à peu, d’abord rare et hirsute puis plus fournie et accueillante; avec elle apparaissent les premiers insectes, enfin les oiseaux. La voie Mweka qu’on emprunte pour la descente prend des couleurs, renvoie des sons harmonieux et des parfums de broussailles séchées. Tiens, le paradis est en bas finalement.

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Voyant que je recommence à prendre des photos, Johnson me donne les noms des plantes et leur usage. La fatigue n’a pas d’emprise sur lui, je suis impressionnée. Et nous nous mettons à babiller.

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 Soudain, un camp est en vue.

« C’est le Mweka camp, 3100 mètres. On va s’arrêter se reposer. Sawa?

– Sawa. »

Lorsqu’on arrive au camp, je vois le cuisinier et les porteurs qui déjeunent. Leur tente est montée; à côté, la mienne.

« Mais! Johnson, on s’arrête jusqu’à demain, c’est ça le plan?

-Oui, tu vas pouvoir reprendre des forces. »

Je devrais me réjouir de n’avoir marché que trois heures depuis mon réveil. Pourtant je suis ébranlée par la nouvelle. Une idée fixe ne me quitte plus: dormir dans un lit ce soir.

« Johnson, combien de marche jusqu’en bas?

-On n’aura que trois heures demain matin.

– Alors désolée que vous ayez monté les tentes, mais on continue. »

Toute l’équipe me regarde complètement incrédule. Je les inspecte pour voir si je ne demande pas un effort surhumain, mais tout le monde a l’air en forme. Ils n’ont pas fait l’ascension de nuit, eux. Seul mon guide pourrait protester, mais au lieu de cela, il mâchouille un brin d’herbe et me dit d’un air amusé:

« Ok patronne, comme tu veux. Hakuna matata.! »

Un déjeuner frugal, et on repart.

J’entre dans la forêt vierge aux lianes de mousse comme dans un bain chaud. Les arbres immenses qui frangent le sentier sont de bienveillants gardiens des espèces qui s’y cachent. Je me sens heureuse et réconfortée d’être entourée de toutes ces formes de vie. Le parfait biotope. Et je bénis les parcs nationaux qui préservent l’environnement contre la déforestation qui sévit plus bas.

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Les porteurs nous dépassent en riant. Je crois qu’ils sont assez contents de faire cinq jours au lieu de six. Ils rejoindront leur famille plus tôt. Le soir Ally me dira que, les ayant payés d’avance pour six jours, ils auront demain un jour de congé payé!

Voici les deux magnifiques rencontres surprises de cette fin d’ascension.

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Les singes colobes guereza vivent à la cime des arbres. Ceux-ci nous observent silencieusement tandis que nous passons dessous. C’est un toujours un bonheur de voir dans leur milieu naturel des animaux qu’on n’a jamais vu qu’au zoo!

Petit calcul mental: 10h+6h+3h+3h= 22h de marche depuis hier matin… A la porte du parc, on me dit d’aller chercher mon diplôme au bureau. Un employé remplit les champs libres.

« Vous avez atteint un sommet?

-Oui le Stella Point, dis-je d’un air coupable.

-C’est déjà pas mal mademoiselle. Nos félicitations. »

J’ai un peu peur qu’Ally soit décu que je n’ai pas atteint le Uhuru Peak. Mais à mon retour à Moshi, il m’accueille chaleureusement. Il me félicite aussi, et me fait la surprise d’un grand dîner préparé par Samweli et sa femme (son bras droit et cuisinier principal). Il a dû l’organiser vite puisque mon retour n’était prévu que demain!

Et contre toute attente, ce soir-là, je n’ai pas envie d’aller me coucher, et je dévore tous les plats avec un appétit vorace. Oui vraiment, l’altitude, ça vous change un homme.

Jour 13: En route pour Machame Camp

Brume matinale

Ce matin au bureau de l’agence, j’embarque dans la voiture qui va nous amener au début du trek, et je fais connaissance avec Johnson mon guide, le cuisinier et les porteurs.

Les portes du parc national d’où partent les différents chemins menant au sommet sont assez distantes les unes des autres, toutes situées sur le versant sud du massif.

les routes du massif

les routes du massif

Nous partons de la Machame, à 40mn de Moshi, réputée pour être celle d’où l’on profite des meilleurs panoramas. La traversée de plusieurs villages chaggas après les grandes plantations de café nous amènent à 1800 mètres d’altitude, dans un épais nuage de brume qui rend l’air humide et froid. Quelques babouins traînent autour des trekkeurs qui prennent une collation en attendant que leur équipe soit prête.

on n'y voit goutte!

on n’y voit goutte!

Les guides et les porteurs sont innombrables. Pour un groupe de dix trekkeurs, il faut vingt porteurs et cinq guides ou assistants guides… une longue file d’attente se met en place derrière un monsieur qui semble être un officiel du parc. C’est la pesée des sacs. Les porteurs ont droit à 20kg maximum. Quand on pense qu’il fut un temps, il n’y avait pas de limite de poids!  A la fin des formalités, nous nous rendons au « starting point », départ officiel de la voie Machame.

Contente d'être là!

Contente d’être là!

Dans la forêt équatoriale

L’entrée dans la forêt m’impressionne beaucoup. La végétation est luxuriante, les arbres immenses. Petit à petit la brume se dégage et le soleil filtre timidement entre les branches des gigantesques macarangas et acacias albizia. En grande forme, les marcheurs ont envie d’aller d’un bon pas; mais les guides, souriants, lancent de temps en temps leurs traditionnels « pole pole! » qui incitent à ralentir. Cette prétendue nonchalance est en réalité la voix de l’expérience. Le pas que nous adoptons les premières heures sera le même pendant cinq jours, quel que soit le dénivelé et l’état de fatigue. Autant qu’il soit le plus lent possible!

Au dessus de nos têtes, les oiseaux se taisent aux heures chaudes et reprennent leur concert en fin d’après midi. Difficile de les apercevoir. Mais soudain une queue blanche en panache apparaît dans les branches basses: un, puis deux colobes guéreza nous observent prudemment. C’est toujours une  joie de voir des singes dans leur habitat naturel. Cette espèce a été chassée pour sa belle fourrure noire et blanche mais aujourd’hui, vivant dans des espaces protégés, elle n’est plus en danger d’extinction. Et sur les pentes du Kilimandjaro, les prédateurs se font rare. Quelques léopards peut-être…

le colobe guereza

le colobe guereza

Dans la forêt, il y a de jolies petites fleurs endémiques nommées Impatiens Kilimanjari;  j’aime bien l’idée qu’on n’en trouve nulle part ailleurs, c’est ce qui rend un voyage particulier, unique; beaucoup de marcheurs passent sans les voir. Johnson me dit que ce sont généralement plutôt les Japonais qui s’intéressent de près à la botanique, un peu les Allemands aussi. Les guides ont toujours des commentaires sur les comportements des touristes selon leur nationalité. Il y a souvent du vrai!

Impatiens Kilimanjari

Impatiens Kilimanjari

 

Alors que le soleil commence à décliner, nous sortons peu à peu de la forêt. Le sol devient plus acide et se couvre de mousses et de bruyères arborescentes, c’est la lande qui annonce la proximité du campement. Au détour d’un bosquet, une petite pause nous permet de profiter d’une première apparition claire du sommet, comme une promesse de récompense pour les efforts à venir. Qu’il paraît loin! En fait, il l’est encore plus…

 

le profil du monstre

le profil du monstre

 

Lorsque la rumeur du campement se présente à nos oreilles, je ne me sens même pas fatiguée. Johnson m’annonce l’altitude: 3000 mètres. Voilà, je n’étais encore jamais allée si haut. La ligne bleue des Vosges, les tartes aux myrtilles, la luge de mon enfance m’ont habituée à une montagne au caractère doux et vivifiant; j’ai l’impression que je vais me sentir toute petite à partir de maintenant.

Après le repas, le sommeil tombe sur mes paupières aussi brusquement que la nuit sur l’équateur. Une dernière précaution avant de me coucher m’amène nez à nez avec un félin aux yeux incandescents, dont la stupeur cède en un instant à  l’instinct de fuite. Qu’était-ce donc? Pour moi, un serval. Pour mon guide, un gros chat; un peu vexée de ce manque d’émerveillement, je veux lui assurer que non, ce n’était pas un gros chat mais bien un grand félin… c’est alors que je me rends compte du malentendu. « No, it wasn’t a big cat, it was a… big cat… » Bon, on est d’accord, c’était un gros fauve!

 

L’équipement pour le Kilimanjaro

Pour commencer

Pour commencer il vous faut… non, pour commencer il faut rectifier une idée reçue: le Kilimanjaro n’est pas au Kenya! Il appartient à la Tanzanie et toutes les voies partent de la Tanzanie.

En 1886, l’Empire allemand a repoussé les Britanniques au nord et leur a donné Mombasa en compensation. Ainsi a été dessinée la première frontière non naturelle entre le Kenya et la Tanzanie.

Alors on arrête de donner la montagne au Kenya sinon on rend Mombasa à la Tanzanie.

Voilà qui est fait.

1886 - source Wikipédia

1886 – source Wikipédia

Donc pour commencer il faut un grand sac à dos et un petit. Le grand sera porté par un porteur, attention à ne pas dépasser les 20kg règlementaires; si vous le pouvez, n’hésitez pas à réduire à moins de 15kg pour alléger le pauvre garçon! Je dis garçon, ou la fille, il y a 9 filles actuellement parmi les porteurs du Kilimanjaro, et le poids règlementaire est le même pour elles.

Vous porterez votre petit sac la journée avec à l’intérieur votre lunch et vos petites affaires indispensables à portée de main: veste de pluie, barres  énergétiques, appareil photo…

La grande question des pourboires 

KINAPA, Kilimanjaro National Park indique les recommandations suivantes (tarif pour un groupe de randonneurs):

20$ par jour pour le guide

15$ par jour pour le cuisinier

10$ par jour par porteur

Ici le site officiel des parcs nationaux de Tanzanie

Mais en fait, les pourboires compensent surtout des salaires très bas. Donc à vous d’oser demander combien sont payés les porteurs, et choisir une agence qui respecte ses employés (attention ça ne court pas les rues, même chez les très connues).

Bonne nouvelle, si vous passez par Tumbili, les pourboires sont intégrés au tarif. Pourquoi? Parce que nous passons par une agence, Osiwoo Safaris, qui rémunère son personnel de façon équitable, selon les recommandations de l’association KPAP (Kilimanjaro Porters Assistance Projet). Les équipes ne ressentent pas le besoin de compenser un bas salaire par la générosité des trekkeurs.

Petit inventaire de l’équipement

Voici une liste des meilleurs blogs qui proposent de vous aider à penser à tout l’équipement nécessaire pour l’ascension du Kilimanjaro.

L’excellente  liste de « Camp de Base », un trekkeur accompli.

Le site de Pascal Boegli, abécédaire, photos et liste, le tout avec humour.

Un blog à découvrir, et pas que pour le Kili

Une version en anglais, pour apprendre à nommer son équipement!

Si vous en connaissez qui méritent d’être ajoutés à la liste, envoyez un petit message!

Bien emmitoufflé, vite en mouffle émis, sommet garanti!

Bien emmitoufflé, vite en mouffle mis, sommet garanti!

Un bon matériel optimise grandement les chances d’atteindre le sommet.

A la fin si vous avez du matériel usé, des vêtements que vous pensez renouveler avant votre prochain trek, n’hésitez pas à donner des choses à l’agence qui les donnera aux porteurs qui n’ont pas les moyens d’un équipement dernier cri. Et si vous en avez la possibilité, vérifiez qui sont vos porteurs, comment ils sont équipés (voire ce qu’ils mangent en trek), et s’ils sont montés avec des vêtements inappropriés, prenez leur nom et signalez-le à l’agence (pour leur propre sécurité). Je dis de passer par l’agence car il y a aussi des porteurs qui revendent ce qu’on leur donne et choisissent de ne pas mieux s’équiper pour attirer la compassion des trekkeurs ! Ceux-ci n’ont pas conscience du danger d’être mal équipé.

Mais pas d’inquiétude, il y a l’association des porteurs KPAP qui prête des vêtements et du matériel à ceux qui ne peuvent pas se le payer.

Parés pour l’ascension? C’est parti!

 

Jour 7: le départ en safari

Le Parc du Lac Manyara

Le chauffeur, Idir, charge les vivres sur le toit. Suleiman, notre cuisinier, est parti chercher les lunch box pour midi. Ally vérifie le nombre de paires de jumelles, les papiers du véhicule. Les Allemandes avec qui je vais partager le 4×4, Verena et Linda sont souriantes et calmes. Comment font-elles? Je suis surexcitée, difficile de ne pas le montrer!

Partir de Moshi a un avantage considérable si le temps est clair: On commence le voyage avec une vue splendide sur le Kilimanjaro. J’ai du mal à en détacher le regard, il est là, enfin, nu, sans même sa petite couronne de nuages, très net pour une fois. C’est une merveille du monde.

A Arusha, c’est le Mont Meru qui domine, mais nous le quittons sans regret car la route de Babati s’ouvre à nous, et cette fois, pas pour aller à Ndareda, mais bien pour pénétrer dans les parcs nationaux.

Après 3h30 de route nous entrons dans le Parc du Lac Manyara. La forêt est dense, on scrute à travers les arbres. Les mouches tsé-tsé ne se font pas prier. On ne sait pas à quoi s’attendre finalement. Est-ce que l’on ne va pouvoir apercevoir que des animaux de très loin? Soudain le chauffeur ralentit… un petit dik-dik immobile à la lisière du bois retient son souffle. Ca y est, c’est notre première rencontre avec un animal sauvage d’Afrique de l’est!

On s’attend à ce rythme pour la suite: quinze minutes à scruter, puis un animal caché derrière un arbre. Mais on réalise qu’il n’y a pas de règle quand un éléphant casse une branche bruyamment à 10 mètres de nous et sort de la forêt en direction de la savane. Surprise! Un petit surgit lui aussi et rattrape sa maman. Les premiers éléphants, on les suit doucement, et on les regarde longtemps…

culd'éléphant

Cet après midi au Lac Manyara, nous voyons des zèbres, gnous, gazelles, buffles, des éléphants, girafes, phacochères. Quelle joie à chaque nouvelle espèce! Il y a un endroit où l’on peut descendre du véhicule pour se dégourdir les jambes en observant aux jumelles les milliers d’oiseaux du lac. Pélicans, flamands, ibis, cigognes, grues, marabouts, il paraît que 400 espèces y cohabitent.

Vers 17h30, il faut sortir du parc; les règles du TANAPA (Tanzanian National Parcs) sont très strictes. Les voyageurs doivent être à l’hôtel avant la nuit, et celle-ci tombe tôt!

Nous passons la soirée au dans un petit hotel de Mto wa Mbu. Notre cuisinier nous fait un repas excellent, et nous sert à table avec une grande classe, en annonçant le menu, puis en présentant chaque plat qu’il amène.

Trop fatigués pour profiter de la piscine, je m’endors en rêvant à nos futures rencontres… les lions n’étaient pas au rendez-vous aujourd’hui, mais sur cinq jours, j’ai bon espoir…