Le massif du Kilimanjaro

Une vidéo à voir absolument

On en entend, des histoires sur la fonte des neiges du Kilimanjaro. Le réchauffement climatique, la déforestation, qui est coupable? On m’a dit un jour que c’étaient le souffle des milliers de marcheurs qui font l’ascension chaque année… le CO2 qu’on expire… ça chauffe la glace… la blague, quand même!

Pourquoi on s’est mis à couper les arbres sur les pentes du massif? Tout simplement à cause de la chute du prix du café; il a fallu se tourner vers l’industrie du bois pour survivre. Voici un superbe documentaire qui met en avant les initiatives locales pour lutter contre la déforestation et préserver les neiges du Kilimanjaro.

Je l’ai trouvé en version interactive sur le site du Monde, et en version vidéo sur le super site Krapo arboricole qui est une mine d’informations sur les arbres.

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Jour 13: En route pour Machame Camp

Brume matinale

Ce matin au bureau de l’agence, j’embarque dans la voiture qui va nous amener au début du trek, et je fais connaissance avec Johnson mon guide, le cuisinier et les porteurs.

Les portes du parc national d’où partent les différents chemins menant au sommet sont assez distantes les unes des autres, toutes situées sur le versant sud du massif.

les routes du massif

les routes du massif

Nous partons de la Machame, à 40mn de Moshi, réputée pour être celle d’où l’on profite des meilleurs panoramas. La traversée de plusieurs villages chaggas après les grandes plantations de café nous amènent à 1800 mètres d’altitude, dans un épais nuage de brume qui rend l’air humide et froid. Quelques babouins traînent autour des trekkeurs qui prennent une collation en attendant que leur équipe soit prête.

on n'y voit goutte!

on n’y voit goutte!

Les guides et les porteurs sont innombrables. Pour un groupe de dix trekkeurs, il faut vingt porteurs et cinq guides ou assistants guides… une longue file d’attente se met en place derrière un monsieur qui semble être un officiel du parc. C’est la pesée des sacs. Les porteurs ont droit à 20kg maximum. Quand on pense qu’il fut un temps, il n’y avait pas de limite de poids!  A la fin des formalités, nous nous rendons au « starting point », départ officiel de la voie Machame.

Contente d'être là!

Contente d’être là!

Dans la forêt équatoriale

L’entrée dans la forêt m’impressionne beaucoup. La végétation est luxuriante, les arbres immenses. Petit à petit la brume se dégage et le soleil filtre timidement entre les branches des gigantesques macarangas et acacias albizia. En grande forme, les marcheurs ont envie d’aller d’un bon pas; mais les guides, souriants, lancent de temps en temps leurs traditionnels « pole pole! » qui incitent à ralentir. Cette prétendue nonchalance est en réalité la voix de l’expérience. Le pas que nous adoptons les premières heures sera le même pendant cinq jours, quel que soit le dénivelé et l’état de fatigue. Autant qu’il soit le plus lent possible!

Au dessus de nos têtes, les oiseaux se taisent aux heures chaudes et reprennent leur concert en fin d’après midi. Difficile de les apercevoir. Mais soudain une queue blanche en panache apparaît dans les branches basses: un, puis deux colobes guéreza nous observent prudemment. C’est toujours une  joie de voir des singes dans leur habitat naturel. Cette espèce a été chassée pour sa belle fourrure noire et blanche mais aujourd’hui, vivant dans des espaces protégés, elle n’est plus en danger d’extinction. Et sur les pentes du Kilimandjaro, les prédateurs se font rare. Quelques léopards peut-être…

le colobe guereza

le colobe guereza

Dans la forêt, il y a de jolies petites fleurs endémiques nommées Impatiens Kilimanjari;  j’aime bien l’idée qu’on n’en trouve nulle part ailleurs, c’est ce qui rend un voyage particulier, unique; beaucoup de marcheurs passent sans les voir. Johnson me dit que ce sont généralement plutôt les Japonais qui s’intéressent de près à la botanique, un peu les Allemands aussi. Les guides ont toujours des commentaires sur les comportements des touristes selon leur nationalité. Il y a souvent du vrai!

Impatiens Kilimanjari

Impatiens Kilimanjari

 

Alors que le soleil commence à décliner, nous sortons peu à peu de la forêt. Le sol devient plus acide et se couvre de mousses et de bruyères arborescentes, c’est la lande qui annonce la proximité du campement. Au détour d’un bosquet, une petite pause nous permet de profiter d’une première apparition claire du sommet, comme une promesse de récompense pour les efforts à venir. Qu’il paraît loin! En fait, il l’est encore plus…

 

le profil du monstre

le profil du monstre

 

Lorsque la rumeur du campement se présente à nos oreilles, je ne me sens même pas fatiguée. Johnson m’annonce l’altitude: 3000 mètres. Voilà, je n’étais encore jamais allée si haut. La ligne bleue des Vosges, les tartes aux myrtilles, la luge de mon enfance m’ont habituée à une montagne au caractère doux et vivifiant; j’ai l’impression que je vais me sentir toute petite à partir de maintenant.

Après le repas, le sommeil tombe sur mes paupières aussi brusquement que la nuit sur l’équateur. Une dernière précaution avant de me coucher m’amène nez à nez avec un félin aux yeux incandescents, dont la stupeur cède en un instant à  l’instinct de fuite. Qu’était-ce donc? Pour moi, un serval. Pour mon guide, un gros chat; un peu vexée de ce manque d’émerveillement, je veux lui assurer que non, ce n’était pas un gros chat mais bien un grand félin… c’est alors que je me rends compte du malentendu. « No, it wasn’t a big cat, it was a… big cat… » Bon, on est d’accord, c’était un gros fauve!

 

L’équipement pour le Kilimanjaro

Pour commencer

Pour commencer il vous faut… non, pour commencer il faut rectifier une idée reçue: le Kilimanjaro n’est pas au Kenya! Il appartient à la Tanzanie et toutes les voies partent de la Tanzanie.

En 1886, l’Empire allemand a repoussé les Britanniques au nord et leur a donné Mombasa en compensation. Ainsi a été dessinée la première frontière non naturelle entre le Kenya et la Tanzanie.

Alors on arrête de donner la montagne au Kenya sinon on rend Mombasa à la Tanzanie.

Voilà qui est fait.

1886 - source Wikipédia

1886 – source Wikipédia

Donc pour commencer il faut un grand sac à dos et un petit. Le grand sera porté par un porteur, attention à ne pas dépasser les 20kg règlementaires; si vous le pouvez, n’hésitez pas à réduire à moins de 15kg pour alléger le pauvre garçon! Je dis garçon, ou la fille, il y a 9 filles actuellement parmi les porteurs du Kilimanjaro, et le poids règlementaire est le même pour elles.

Vous porterez votre petit sac la journée avec à l’intérieur votre lunch et vos petites affaires indispensables à portée de main: veste de pluie, barres  énergétiques, appareil photo…

La grande question des pourboires 

KINAPA, Kilimanjaro National Park indique les recommandations suivantes (tarif pour un groupe de randonneurs):

20$ par jour pour le guide

15$ par jour pour le cuisinier

10$ par jour par porteur

Ici le site officiel des parcs nationaux de Tanzanie

Mais en fait, les pourboires compensent surtout des salaires très bas. Donc à vous d’oser demander combien sont payés les porteurs, et choisir une agence qui respecte ses employés (attention ça ne court pas les rues, même chez les très connues).

Bonne nouvelle, si vous passez par Tumbili, les pourboires sont intégrés au tarif. Pourquoi? Parce que nous passons par une agence, Osiwoo Safaris, qui rémunère son personnel de façon équitable, selon les recommandations de l’association KPAP (Kilimanjaro Porters Assistance Projet). Les équipes ne ressentent pas le besoin de compenser un bas salaire par la générosité des trekkeurs.

Petit inventaire de l’équipement

Voici une liste des meilleurs blogs qui proposent de vous aider à penser à tout l’équipement nécessaire pour l’ascension du Kilimanjaro.

L’excellente  liste de « Camp de Base », un trekkeur accompli.

Le site de Pascal Boegli, abécédaire, photos et liste, le tout avec humour.

Un blog à découvrir, et pas que pour le Kili

Une version en anglais, pour apprendre à nommer son équipement!

Si vous en connaissez qui méritent d’être ajoutés à la liste, envoyez un petit message!

Bien emmitoufflé, vite en mouffle émis, sommet garanti!

Bien emmitoufflé, vite en mouffle mis, sommet garanti!

Un bon matériel optimise grandement les chances d’atteindre le sommet.

A la fin si vous avez du matériel usé, des vêtements que vous pensez renouveler avant votre prochain trek, n’hésitez pas à donner des choses à l’agence qui les donnera aux porteurs qui n’ont pas les moyens d’un équipement dernier cri. Et si vous en avez la possibilité, vérifiez qui sont vos porteurs, comment ils sont équipés (voire ce qu’ils mangent en trek), et s’ils sont montés avec des vêtements inappropriés, prenez leur nom et signalez-le à l’agence (pour leur propre sécurité). Je dis de passer par l’agence car il y a aussi des porteurs qui revendent ce qu’on leur donne et choisissent de ne pas mieux s’équiper pour attirer la compassion des trekkeurs ! Ceux-ci n’ont pas conscience du danger d’être mal équipé.

Mais pas d’inquiétude, il y a l’association des porteurs KPAP qui prête des vêtements et du matériel à ceux qui ne peuvent pas se le payer.

Parés pour l’ascension? C’est parti!

 

Jour 12: Mwanga

Aujourd’hui Ally m’emmène faire la rencontre de son père et sa belle mère à Mwanga, au pied des monts Pare, à une centaine de kilomètres au sud est de Moshi.

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Ça me rappelle Ndareda, avec un peu plus d’activité. Mais ici il ne semble pas souvent y avoir de Mzungu qui s’arrête. Je suis une bête curieuse, et pourtant les passants ne me prêtent pas grande attention. Comme c’est bon et rare de se sentir une personne parmi d’autres!

Nous rendons visite au père d’Ally dans sa petite boutique. Il vend des chaussures depuis son plus jeune âge. Il a même eu un magasin à Mombasa, avant de revenir dans sa région natale. Ally m’explique qu’il a eu cinq femmes, dont la mère d’Ally qui est restée vivre au Kenya. Pour ses vieux jours, il a choisi de s’installer avec sa deuxième femme avec qui il a élevé le plus d’enfants.

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Ils vivent dans une maison grande mais simple, avec leurs deux filles et petits enfants. La mama nous prépare un samaki-ugali (poisson et foufou) puis nous allons nous promener dans les rues terreuses, à la rencontre des habitants, et finissons par l’échoppe de vêtements de la demi-soeur d’Ally.

on trouve de tout dans un bac à fleur!

on trouve de tout dans un bac à fleur!

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un abri pour les vaches

Les photos sont de très mauvaise qualité car j’ai volontairement oublié mon ostentatoire Nikon. Me balader sans appareil photo est assez libérateur: je ne me sens pas l’obligation de capturer le plus beau regard sous le plus bel angle. Là, j’ai un téléphone, je fais quelques photos souvenirs, comme ça, sachant qu’elles seront trop pourries pour les publier sur un blog. Ah! Mais?

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La sœur d’Ally est adorable à tous points de vue, jolie, attentionnée, souriante, malgré une vie pas si simple.

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A présent, il faut rentrer, car je dois préparer mon sac pour… le Kilimanjaro.

Je me répète ce nom mentalement toute la soirée. J’ai du mal à croire que je m’apprête à le gravir. Ce  massif légendaire, dont le nom m’évoque la couverture d’un livre d’Hemingway, et la toile de fond de l’histoire de Patricia et son lion chez Kessel, ce « toit de l’Afrique » et ses « neiges éternelles »; ce vieux volcan gravé dans l’histoire coloniale, ce bougre qui s’est dissimulé pendant toute la durée de mon premier voyage et m’a dévoilé sa crête par dessus les nuages, le jour de mon départ précipité vers le cercueil de mon père; sa discrète silhouette se dévoilant presque en transparence les jours de très beau temps, comme pour signifier que laisser apparaître son blanc mamelon sur un cliché est un peu trop osé…

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Ce monstre enfin, qui la semaine dernière, je l’apprends donc la veille de l’affronter, a eu raison de deux trekkeurs, comme chaque année vingt cinq n’en reviennent pas. Sur 25 000. Un pour mille. Et moi, moins sportive qu’une trace de bave (oui j’ai mes métaphores personnelles), moi qui ne randonne jamais, à moins qu’à deux heures de marche il y ait une ferme auberge, moi qui ai séché le sport toute mon année de terminale, et n’en ai plus jamais refait, moi qui hait l’absence de végétation, je vais aller à près de 6000 mètres? Laissez moi rire… et en douter… et flipper ma race de façon très contenue!

Jour 11: Rencontre avec les Maasaïs

La boma Olerien

Voici le récit de mon premier contact avec un village Maasai, c’était très court, à peine une heure, et c’est ce que proposent bon nombre d’agences. Aujourd’hui avec Tumbili nous privilégions la durée, pas de visite éclair d’une heure, on y passe au moins la nuit.

Au milieu d’une plaine sèche, avec les montagnes en fond, se dresse une palissade épineuse qui entoure le village ou « boma ». Ally descend de la jeep en premier pour aller saluer les responsables du village et négocier le prix de la visite. Il y a un petit remue-ménage, car les femmes vont chercher les costumes d’apparat et les bijoux, pour nous accueillir comme il se doit. La plupart des hommes sont en train de faire paître les troupeaux assez loin dans la plaine, mais quelques vieillards et jeunes garçons se joignent aux femmes qui se placent en ligne. Je filme alors que les deux allemandes que j’accompagne sont happées dans le rang par une vieille dame. Les chants s’élèvent, mélodie nasale en langue Maa, rythmée par les sons gutturaux des hommes. Les femmes secouent leurs larges colliers de perles d’un mouvement circulaire des épaules et quelques hommes s’essaient en rigolant à des sauts caractéristiques de leur ethnie.

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Chants de bienvenue à la boma Olerien

On me demande souvent si tout ça n’est pas du folklore pour touristes. On veut aller dans des endroits « authentiques ».

Ce à quoi je réponds:

-que c’est bien du folklore au sens premier du terme, soit des traditions et croyances ancestrales populaires transmises d’une génération à l’autre.

-qu’on est bien des touristes au sens premier du terme, soit des gens qui voyagent pour leur agrément, ce qui n’empêche de s’intéresser et respecter la culture locale.

– que ces endroits sont authentiques, c’est à dire qu’ils vivent avec leur temps et face à la possibilité de gagner un peu leur vie avec le tourisme, ils accueillent de temps en temps des Wazungus (Blancs) en quête d’aventure.

Maintenant c’est vrai qu’il existe un village très célèbre qui a été déplacé sur la route des Parcs pour faciliter l’accès des touristes, et devant cette boma, il y a souvent une dizaine, une vingtaine de 4×4 garés… Là, nous, on n’y va pas. On travaille avec deux villages bien choisis, un peu cachés, et on ne leur rend pas visite tous les jours: la boma Olerien et la boma de Laiza.

Il faut juste, quand on voyage, s’assurer qu’on respecte la culture, l’ecosystème, un mode de voyage doux, le développement durable, enfin ça me paraît évident mais ça ne l’est pas toujours. Qui avant de partir, s’interroge sur l’impact du tourisme à l’endroit où il va?

Les garçons du village

Les garçons du village

Les Maasaïs de la boma Olerien restent pour la plupart des pasteurs mais certains jeunes vont à l’école, et poursuivent en grandissant un parcours scolaire à Mto wa Mbu, où ils ont accès au monde moderne. Ne vous offusquez donc pas si un Maasaï du village vous demande votre Facebook!

De nombreux Maasaïs vivent en ville de nos jours, mais beaucoup subissent le chômage. Ceux qui sont employés pour la sécurité des hotels de Zanzibar s’en sortent bien.

Pourquoi ont-ils quitté leur vie de pastoralisme? Pas de gaité de cœur. D’abord créer des réserves naturelles au Kenya les a chassés de leurs terres ancestrales, eux qui n’ont pas de notion de frontière  se sont fait déposséder de leurs seuls biens et ont migré en masse vers le sud, c’est à dire la Tanzanie.

Oui les parcs étaient nécessaires pour protéger la biodiversité

Non on n’a pas pensé à l’époque à intégrer les tribus dans le programme

Oui depuis on a redonné des terres aux Maasaïs, ailleurs.

Non elles n’étaient pas libres, on les a prises à d’autres.

La réalité des Maasais aujourd’hui est multiple, selon l’emplacement du village. Ceux qui vivent près du volcan Lengai n’ont pas la même vie que ceux de la steppe au sud d’Arusha.

Alors, aller voir les Maasaïs et cultiver un tourisme voyeur ? Ne pas y aller, ne pas acheter leurs bijoux, ne plus apporter l’argent du tourisme et les laisser sans aide?Enfin, c’est aussi leur choix de montrer leur vie aux voyageurs, de quel droit on va boycotter ça? Sommes nous les gardiens de la morale universelle?

Je pense que la gangrène du voyageur, c’est sa culpabilité post coloniale. Je pense qu’il faut réfléchir son voyage, comme un acte responsable et aux conséquences multiples. Privilégier les conséquences positives!

Les gouvernements ont aussi essayé de les sédentariser, mais ce n’est pas un peuple d’agriculteurs… Puis par dessus tout ils ont subi de grandes sécheresses et le manque d’eau a fait périr leurs troupeaux. Aujourd’hui au Ngorongoro, d’autres menaces pèsent sur ce peuple: on les expulse maintenant pour délimiter des réserves de chasse, soit pour quelques millionnaires en quête de trophées de lions, comme aux temps coloniaux, eh oui. Vous pouvez signer une pétition ici avec Avaaz adressée au président tanzanien Kikwete.

Quel avenir?

Quel avenir?

Après les chants, un homme nous emmène faire le tour du village et nous visitons une hutte. L’intérieur est très sombre, seules de toutes petites ouvertures laissent passer le jour.

le foyer dans la hutte

le foyer dans la hutte

La hutte est construite en bouse de zebu séchée sur des armatures de bois. Elle est composée d’une pièce pour le foyer et les nattes de couchage, une pour les bêtes, une pour parler avec les invités.

Mrembo ndogo

Mrembo ndogo

Entre temps, les femmes ont installé des tréteaux et disposé sur des nattes les bijoux qu’elles vendent. J’en prends quelques uns, consciente qu’elles comptent beaucoup là-dessus et j’ai envie de leur faire plaisir.

étals de bijoux

étals de bijoux

C’est incroyable, elles ont TOUT sorti, alors que nous ne sommes que trois jeunes clientes potentielles. Elles sont très gentilles et souriantes, je ne sens pas l’angoisse de ne pas vendre comme cela arrive parfois. Elles baissent les prix volontiers. Alors on achète volontiers. 4000Tsh le bracelet en cuivre, soit moins de 2 euros. Tous ces visages magnifiques me donneraient envie de tout acheter.

Mrembo Kubwa

Mrembo Kubwa

Mrembo nyingine

Mrembo nyingine

Avant de partir, je tire quelques portraits des jeunes guerriers et des enfants. Quand je reviendrai, je leur apporterai les clichés développés.

Babu Maasaï

Babu Maasaï

Jeune guerrier

Jeune guerrier

Allez, kwa heri les enfants. Mais il joue avec quoi ce petiot-là? Ah oui, c’est bien un long couteau… soupir… on ne vit pas dans le même monde, c’est sûr.

les petits guerriers!

les petits guerriers!

un coquin!

un coquin!

Depuis ma rencontre avec les Maasaïs, j’ai appris que des villages commencent à abolir le rite de l’excision pour le passage à l’âge adulte des femmes, et je m’en réjouis. Il y a un village dans la région de Monduli, qui remplace cet acte barbare par une petite entaille symbolique sur les cuisses, et les femmes sont très heureuses d’avoir une meilleure vie sexuelle! Ce village là est réputé maintenant, et soutenu par une NGO.

Un documentaire sur le sujet: http://milatu.over-blog.com/

 

Jour 10: Descente au paradis

Petite leçon d’histoire -géo

C’est quoi ce fameux cratère du Ngorongoro? Au départ c’est un volcan, il y en a quelques uns dans la région. Les plus connus sont:

le cratère Empakai au fond submergé par un lac, un paradis de verdure luxuriante, et le Ol Donyo Lengai, le volcan sacré des Maasaïs, toujours en activité!

Le Ngorongoro et le Empakai sont des caldeira: lors d’une éruption violente, la chambre magmatique s’est vidée, et le volcan s’est effondré sur lui-même, créant un cratère au fond plat. Empakai a été, comme souvent les caldeiras, submergé par l’eau. La particularité de Ngorongoro, c’est qu’il est resté sec. La pluie s’accumulant a formé un lac et deux marais.

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Tout ça c’était il y a 2 millions d’années! Aujourd’hui, il est tapissé de forêts sur ses flancs et son fond est une vaste prairie de 20km de diamètre.

Avant il faisait partie du Parc National du Serengeti. Depuis 1959, il a été détaché, pour préserver les intérêts des Maasaïs. En effet, ils ont le droit de descendre y faire paître leurs troupeaux. Au milieu des fauves. Si, si.

Par contre personne ne passe la nuit en bas; Maasaïs comme touristes sont priés de regagner les crêtes avant la tombée de la nuit. Sécurité et protection de l’écosystème.

Il faut savoir qu’en plus des frais d’entrée, quand on veut descendre dans le cratère, on paie une taxe par voiture de 200$ appelée « crater service ». C’est censé limiter le nombre de voiture par jour, de même la durée du game drive est limitée à 6 heures porte à porte (compter 1h30 aller retour pour descendre -remonter).

Descente dans le cratère

Sur la crête, nous nous arrêtons au mémorial de Mickael Grzimek, le fils de Bernhard Grzimek. Oui mois aussi, j’ai dit: « c’est qui çui-là? »

Papa Grzimek était le directeur du zoo de Francfort de 1945 à 1974 (imaginez-vous reprendre la direction d’un zoo bombardé!) Vétérinaire et zoologiste, il a énormément étudié la faune du Serengeti, notamment la migration des gnous, et participé à la protection des espèces. Son fils a réalisé un documentaire, « Serengeti shall not die ». Leurs cendres ont été transférées ici au Ngorongoro.

Allez, on descend. Ça va, il n’y a pas trop de voitures a priori. Passée la porte, on a une vue superbe sur la plaine en contrebas. Mais oui, je vois bien des Maasaïs à pied qui se baladent sans crainte des bêtes sauvages.

On longe le lac Magadi. Une large zone humide entre la berge et l’eau profonde montre qu’on est en pleine saison sèche. Un lion est vautré sur le sable frais. Deux lionnes couchées à ses côtés scrutent l’horizon. Elles attendent la colonne de zèbres qui arrive du nord pour se désaltérer. De l’ouest s’approche une file interminable de gnous. De tous côtés, c’est féerique. Une douzaine de grues couronnées prend son envol sur le lac et passe au-dessus de nous. Quelques hyènes tournent autour des lions en gardant leurs distances. Que va-t-il se passer quand tous les herbivores atteindront le lac? Est-ce que les lionnes ont l’intention de chasser ce matin? Je pourrais rester là des heures à observer cette tranche de vie au Ngorongoro. Mes covoitureuses, elles, apparemment non? Elles se rasseyent, signe de lassitude, et Idir voyant ça, démarre. Dommage!

Un peu plus loin, avec les jumelles, on peut voir un rhinocéros noir à moitié caché dans les herbes hautes. Il est peut-être à 200 mètres, c’est bien loin, mais voir un vrai rhino sauvage, nos petits-enfants n’en auront surement plus la chance. Il n’en reste qu’une poignée au Serengeti et dans le cratère; on en réintroduit de temps en temps, en provenance d’Afrique du Sud, et parfois on en retrouve un mort sans corne… difficile pour les rangers de lutter contre ces bandes organisées, et la demande du marché noir chinois.

Photo Loïc Mathel sur Melting Pot Safaris

Photo Loïc Mathel sur Melting Pot Safaris

Pour le lunch, on s’arrête comme tout le monde à la Hippo Pool, la piscine des hippos. C’est sur la rive du lac, creusée en cuvette, que toutes les voitures se garent pour la pause. C’est curieux de voir tout ce monde descendre des jeeps quand on sait qu’il n’y a pas de limite entre nous et le monde sauvage. D’ailleurs en face, sur la rive qui remonte après le lac, une horde de zèbres se met à courir. Ally me dit que les lions chassent. En regardant mieux, on aperçoit deux personnes à quelques mètres de la scène, en train de pique niquer. Un vent de panique se lève, les radios se mettent en marche, on guette… c’est bon ils se lèvent précipitamment et vont se mettre à l’abri, quelqu’un les a prévenu. Ally me dit que c’est trop dangereux de stopper de l’autre côté. Là où nous sommes, près des toilettes, c’est plus sûr. Brr! petit frisson!

On reprend le game drive tout l’après midi, j’en ai plein les mirettes. Le soleil commence à décliner quand, au bord d’une piste poussiéreuse, deux gros lions mâles endormis apparaissent dans les herbes. Ils sont si près qu’on se contente de chuchoter. C’est l’heure de la sieste, et mis à part un bâillement de temps en temps ou un secouement de crinière pour chasser les mouches, ils sont totalement immobiles. Là encore, j’aimerais attendre jusqu’à ce qu’ils se lèvent. Mais au bout de 20 minutes, Idir démarre:

« Time to get out of the park » me dit-il un peu désolé. Mais je comprends, si les règles sont strictes, c’est pour la protection de cette extraordinaire biodiversité.

photo from familyadventures.com

photo from familyadventures.com

Jour 9: La chasse

Lourde perte

Avant de continuer le récit, je dois faire une parenthèse.

Où sont les magnifiques photos d’animaux et de paysages que j’ai ramenés de mon safari? Sur ma carte mémoire de 8 Go qui doit traîner sous une couche de terre entre les toilettes et la porte du Parc du Tarangire.

Le matin du dernier jour, devant la boma des Maasaïs, j’ai changé la carte mémoire qui était pleine. Je l’ai mise dans ma poche en me disant que c’était le meilleur endroit pour la perdre. Puis dans le feu de l’action , je n’y ai plus pensé jusqu’au soir. Je ne l’ai jamais retrouvée. Ally a même téléphoné à la boma, tous les enfants Maasaïs ont cherché pendant des heures autour du village. J’ai dû la perdre plus tard, au Tarangire. Idir a retourné le 4×4. J’ai perdu 500 photos et plans vidéo.

Je ne m’en suis pas encore remise, alors que ceux qui souhaitent de belles photos de safari, aillent donc sur un des innombrables blogs de voyage qui n’accorde au texte qu’une fonction de légende pour les photos hyper nettes parce que l’auteur s’est payé, en plus d’un safari privé, le plus gros zoom qui existe sur le dernier Canon ah non pardon Nikon et gnagnagni et gnagnagna…

On respire… on continue.

J’avais écrit ça au retour, mais depuis, j’y suis retournée trois fois, et sur ce blog il y a de belles photos de safaris parce que à force, on finit par acheter un gros zoom, puis à force, on finit par ne plus prendre de photos et profiter de l’instant 🙂

Full day game drive au Serengeti

Ce matin, on quitte le camp à la fraîche. Il est à peine huit heures, on rencontre immédiatement une petite hyène qui trottine devant nous. Les impalas paissent tranquillement. Les lointains éléphants comme des rochers dans les herbes hautes ressemblent à des statues de dieux de pierre. Un chacal se balade en jappant.

chacal

On longe la rivière Nyamara. Soudain je la vois, à moitié dissimulée dans un plissement de terrain, une lionne aux aguets, à une cinquantaine de mètres d’un groupe de gazelles de Grant. Je dis au chauffeur:

« Simba moja, tizama hapo chini… -Wapi? -Hapo pale, kulia! »

« Un lion, regarde là en-bas… – Où? – Là-bas, à droite! »

Idir ralentit et tout le monde aperçoit la lionne. Je suis un peu fière de l’avoir vue en premier, avant les guides. Mais bon, j’étais debout et depuis le toit ouvrant, on a plus de champ de vision que sur les sièges avant…

Plus loin, de l’autre côté de la rivière, deux autres femelles marchent dans la direction opposée. Il semblerait qu’elles chassaient à trois, puis ayant l’opportunité de se rapprocher des gazelles grâce à un vent favorable, notre lionne s’est séparée des autres. Plus difficile d’attraper une proie toute seule!

Nous allons assister à une approche de près d’une demi-heure. Les gazelles partent de l’autre côté de la route, perturbées par la drôle d’atmosphère qui règne. Seule une petite écervelée, trop préoccupée à déjeuner, ne s’aperçoit pas de son isolement. La lionne, ventre à terre, par petites touches, se rapproche, alternant quelques pas et position couchée. A la fin, elle est à moins de trois mètres. Elle n’a plus qu’à bondir. Soudain, les gazelles, de l’autre côté de la route, appelle leur petite sœur: le vent a tourné, elles ont clairement senti le danger. En une seconde, la petite gazelle a rejoint ses troupes, la lionne a bondit mais trop tard, et après quelques enjambées, elle abandonne. Seule, son succès n’est pas garanti. Mieux vaut garder son énergie et retrouver les autres lionnes pour être plus efficace.

Nous sommes très heureux d’avoir pu voir une scène de chasse, d’autant plus que la gazelle est sauve! J’espère que les lionnes trouveront à manger, mais je préfère qu’elles ne tuent pas sous mes petits yeux sensibles…

La journée a été belle, les hippopotames et les girafes nombreux. Nous avons pu suivre la démarche ondulée d’un léopard solitaire jusqu’à son refuge dans un arbre. Le soir au camp, les spréos envahissent les branches au coucher du soleil.

Cette nuit, on entend les lions au loin, de toutes parts. D’habitude, chez moi, c’est plutôt les chouettes ou les grenouilles, parfois un chat… ça fait drôle ce son lointain; c’est très émouvant. Soudain un ricanement, puis deux, trois, juste à côté de ma tente. Je suis près de la cuisine. Donc des poubelles. A moins de dix mètres de moi, les hyènes se mettent à renverser des bidons, se battre brièvement, couiner quand elles sont soumises, et ricaner encore de ce petit bruit propre à leur espèce. Je crève d’envie de passer la tête dehors, mais c’est trop dangereux.

Je crois que je me suis endormie en souriant…

Jour 8: En route

La traversée de la zone de conservation- Les Maasai

De Mto wa Mbu à la porte du Serengeti, il y a encore 4 heures. Après un ravitaillement en essence à Karatu, nous  entrons dans la zone de conservation du Ngorongoro. Les paysages sont lunaires. Ici et là, une « boma » Maasaï, un village entouré d’une palissade. Le bois de celle-ci est réputé pour éloigner les lions. A l’entrée de certaines bomas, une dizaine de 4×4 sont arrêtés. J’interroge Ally: les Maasaïs font du business avec le tourisme? Cette question est devenue une problématique centrale de mon activité. Depuis cette première expérience j’ai pu comprendre que les Maasai sont un peuple uni par les traditions, mais ils ont des modes de vie assez diversifiés.  Sur la route principale qui mène au Serengeti, deux bomas sont prises d’assaut par les touristes. Et ce n’est pas plus représentatif de la vie Maasai en Tanzanie que l’écomusée d »Ungersheim est représentatif de la vie en Alsace en 2017. Heureusement depuis j’ai pu trouver des villages authentiques un peu plus éloignés de la route.

Sur cet axe entre Manyara et Serengeti, dans l’aire de conservation où ils ont été déplacés, lors de la constitution du Serengeti, parfois ils se tiennent au bord de la route pour demander de l’eau aux 4×4. Ca leur évite de parcourir des kilomètres avec les ânes pour en chercher. Je demande à Ally pourquoi on ne leur en donne pas. Ally me répond que si on s’arrête une fois pour leur en donner, à chaque prochain safari, ils repèreront les voitures de notre agence et s’attendront à ce que l’on s’arrête. Ce n’est pas possible de donner à tous et à chaque fois. Je souhaiterais leur donner mais je comprend qu’il n’est pas dans leur intérêt d’attendre l’assistanat des touristes.

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Nous croisons également de nombreux adolescents Maasaïs au visage peint de motifs blancs. C’est l’époque avant la cérémonie de la circoncision.

De temps en temps, on croise un troupeau entier de zébus ou une dizaine d’ânes menés par un homme qui marche, dans cette immense plaine mystérieuse. Nous sommes gagnés par la beauté du paysage, où parfois seul se dessine un  trait vertical rouge à l’horizon, un homme de ceux qui parlent le Maa.

Bientôt, au milieu de nulle part se dresse une arche de bois qui indique l’entrée du Serengeti. Autour, des plaines à l’herbe rase où d’innombrables gazelles de Grant et de Thompson paissent dans le sifflement du vent.

Premiers émois au Serengeti

Quelques minutes plus tard, apparaît la porte du parc nommée Naabi Gate. On s’arrête pour payer les frais d’entrée et pique niquer. On s’est crus seuls dans le désert; ici on est peut-être deux cent touristes qui dévorent leur lunch box ou font la queue aux toilettes. C’est le mois d’août, ici aussi! Mais seulement aux points stratégiques, une fois dans la savane, on ne sent plus que l’immensité.

J’imagine les lions dans leur jeep en sens inverse, qui disent: « Nous quand les touristes arrivent, on loue un appartement à Roubaix! »

N’importequoi…

On redémarre, en direction de la zone de Seronera, où nous allons camper ce soir. On fait le tour des Kopjes, ces monticules de rochers où les lions aiment faire la sieste… rien en vue. Idir allume la cibie des guides. Les chauffeurs se renseignent mutuellement s’il y a quelque chose de rare à voir. Quand un guide trouve un animal à observer, il prend son temps, et seulement en partant donne l’indication du lieu. Alors tous les 4×4 convergent doucement au même endroit, mais on ne voit pas un guépard tous les jours!

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Parmi tous les animaux qu’on aura vus ce premier après-midi au Serengeti, je retiens surtout les deux premiers lions: deux mâles couchés au pied d’un bosquet, magnifiques crinières dans le coucher du soleil. Ils étaient assez loin, mais avec les jumelles nous avons bien pu les observer, et ce sans nullement les déranger.

Au camping, nous découvrons à quel point le confort est sommaire: deux douches pour tout le site, eau froide, pas de lumière, toilettes dans un état désastreux. Les agences n’y peuvent rien, et les TANAPA (Tanzanian National Parks) s’en tamponnent le coquillard.

Suleiman nous fait encore un repas de rois. Nous dînons dans un bâtiment grillagé, éclairé par des néons qui fonctionnent à l’énergie solaire. Nous sommes ainsi protégés des animaux qui trouveraient l’odeur de la cuisine alléchante.

Dans la tente, je réalise que nous sommes sur le territoire des bêtes, sans séparation, et je me sens terriblement chanceuse d’être là.

Jour 7: le départ en safari

Le Parc du Lac Manyara

Le chauffeur, Idir, charge les vivres sur le toit. Suleiman, notre cuisinier, est parti chercher les lunch box pour midi. Ally vérifie le nombre de paires de jumelles, les papiers du véhicule. Les Allemandes avec qui je vais partager le 4×4, Verena et Linda sont souriantes et calmes. Comment font-elles? Je suis surexcitée, difficile de ne pas le montrer!

Partir de Moshi a un avantage considérable si le temps est clair: On commence le voyage avec une vue splendide sur le Kilimanjaro. J’ai du mal à en détacher le regard, il est là, enfin, nu, sans même sa petite couronne de nuages, très net pour une fois. C’est une merveille du monde.

A Arusha, c’est le Mont Meru qui domine, mais nous le quittons sans regret car la route de Babati s’ouvre à nous, et cette fois, pas pour aller à Ndareda, mais bien pour pénétrer dans les parcs nationaux.

Après 3h30 de route nous entrons dans le Parc du Lac Manyara. La forêt est dense, on scrute à travers les arbres. Les mouches tsé-tsé ne se font pas prier. On ne sait pas à quoi s’attendre finalement. Est-ce que l’on ne va pouvoir apercevoir que des animaux de très loin? Soudain le chauffeur ralentit… un petit dik-dik immobile à la lisière du bois retient son souffle. Ca y est, c’est notre première rencontre avec un animal sauvage d’Afrique de l’est!

On s’attend à ce rythme pour la suite: quinze minutes à scruter, puis un animal caché derrière un arbre. Mais on réalise qu’il n’y a pas de règle quand un éléphant casse une branche bruyamment à 10 mètres de nous et sort de la forêt en direction de la savane. Surprise! Un petit surgit lui aussi et rattrape sa maman. Les premiers éléphants, on les suit doucement, et on les regarde longtemps…

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Cet après midi au Lac Manyara, nous voyons des zèbres, gnous, gazelles, buffles, des éléphants, girafes, phacochères. Quelle joie à chaque nouvelle espèce! Il y a un endroit où l’on peut descendre du véhicule pour se dégourdir les jambes en observant aux jumelles les milliers d’oiseaux du lac. Pélicans, flamands, ibis, cigognes, grues, marabouts, il paraît que 400 espèces y cohabitent.

Vers 17h30, il faut sortir du parc; les règles du TANAPA (Tanzanian National Parcs) sont très strictes. Les voyageurs doivent être à l’hôtel avant la nuit, et celle-ci tombe tôt!

Nous passons la soirée au dans un petit hotel de Mto wa Mbu. Notre cuisinier nous fait un repas excellent, et nous sert à table avec une grande classe, en annonçant le menu, puis en présentant chaque plat qu’il amène.

Trop fatigués pour profiter de la piscine, je m’endors en rêvant à nos futures rencontres… les lions n’étaient pas au rendez-vous aujourd’hui, mais sur cinq jours, j’ai bon espoir…

Jours 4-6: Reprendre ses marques à Moshi

Moshi town

Moshi est une petite ville, et j’aime bien m’y promener toute seule, malgré la surprotection dont Ally fait preuve. Il souhaite que je ne me fasse pas ennuyer par les flycaughters, mais ces petits jeunes ne me dérangent pas. Ils vous emboîtent le pas, échangent quelques mots, et quand ils comprennent que je ne suis pas cliente, ils me laissent. Au pire, je leur lance gentiment un petit:  » Samahani, niache mwenyewe » (« excuse-moi, mais laisse moi tranquille »). Au bout de quelques jours, tout le monde me reconnait et cesse de me coller.

Petit à petit, j’insiste auprès d’Ally pour vivre le quotidien comme lui. Fini le taxi, je me mets au « piki-piki », le taxi moto, moins cher… plus dangereux. Il faut bien choisir son chauffeur, car parfois les bouteilles de Konyagi sont ouvertes un peu trop tôt!

Le Konyagi est un alcool local à 35 degrés. La distillerie se situe à Moshi. Il se boit volontiers avec du Sprite ou du jus de fruit.

Le soir, nous allons au « Glacier », un endroit qui ressemble à une discothèque mais en plein air. Il y a un concours de danse, et c’est étonnant de voir à quel point les gens se lancent sans complexe pour participer et se trémoussent comme des diables dans une bonne humeur générale.

Le lendemain, journée de bureau. La matinée commence bien, le Kilimandjaro se dévoile, tout en restant un peu lointain.

Timide Kilimanjaro

Timide Kilimandjaro

Au bureau, il y a quelques demandes de devis en français qui vont bien m’occuper ces prochains jours. J’en profite aussi pour visiter quelques hôtels de Moshi, histoire de voir dans quels endroits on envoie nos clients quand ils arrivent. Pendant les pauses, je vais voir les couturières de la rue, dont Irene qui me tombe dans les bras en riant; je leur commande quelques robes, et de nouveaux rideaux pour le bureau, en essayant de faire travailler un peu tout le monde.

La mama qui coud devant Hotsun Safaris.

La mama qui coud devant l’agence

Les jours passent vite ainsi, et le départ en safari se rapproche. Les deux jeunes allemandes avec qui je vais partir arrivent à l’aéroport:  j’accompagne Ally qui vient leur souhaiter la bienvenue et les ramener en ville. Nous attendons longtemps, elles ont leurs visas à faire en arrivant. Des gens de toutes nationalités débarquent dans le hall, attendus par leurs guides qui tiennent des panneaux où sont inscrits leurs noms. Tiens, quelques groupes sont arrivés avant leurs guides et s’impatientent, voilà qui n’est pas très professionnel de la part des agences… « Cela arrive souvent, me dit Ally. Moi je suis plutôt une heure en avance, pas question de laisser un voyageur en plan, imagine sa panique! »

Linda et Verena s’approchent. Elles ont un grand sourire en nous saluant.  Nous les emmenons  dans  un charmant B&B avec cour intérieure, loin des bruits de la ville. Après un petit briefing sur l’heure de départ, ce qu’il faut emporter pour le camping, etc, nous rentrons à Pasoa pour nous reposer et à notre tour faire nos bagages.

Demain, je réalise un rêve. Est-ce que ce sera à la hauteur de mes attentes?