J14 De Bwawani à Dar es Salaam

Elaborer une stratégie

Ce matin Stanley a obtenu de Remmy l’assentiment d’emmener les filles faire un tour à l’extérieur du camp, sous notre surveillance, et cela nous permettra de renforcer sa confiance en nous. Il est tôt et nous serons rentrés avant midi.

C’est une grande bouffée d’oxygène pour les filles, qui nous parlent de leur rêve tanzanien, de voir la savane, le massif du Kilimanjaro et la côte swahilie. Nous nous promenons à travers les cultures de maïs et de courges, quand s’ouvre un espace donnant sur une hutte et quelques auvents de fortune. Au centre parmi seaux et marmites en aluminium se tient une femme d’une cinquantaine d’années d’une beauté époustouflante. Elle nous accueille en riant, nous propose de partager l’ugali, que nous déclinons poliment. Son mari se met à rire aussi lorsque nous évoquons la beauté de cette femme, et Stanley se met à bavarder joyeusement en swahili. Je vois du coin de l’œil à quel point les filles sont émues, de rencontrer des gens heureux, finalement, malgré une situation manifestement très modeste.

Nous prenons congé et restons silencieux et pensifs un instant, laissant résonner les rires et les paroles chaleureuses. Puis d’un ton plus grave, nous reprenons l’élaboration de notre stratégie de fuite. Il faut partir en fin de matinée au plus tard, le dernier bus express pour Dar es Salaam passe sur la grand route vers 14h.

En rentrant au camp, Josephine se met à imiter avec talent les quintes de toux les plus effrayantes qui soient. Plus c’est gros, plus ça passe… Les filles font leur sac, tandis que Stanley termine d’affoler Remmy sur les risques encourus si une bénévole perdait la vie sur le site de l’eco-camp. En un clin d’oeil quatre moto-taxis arrivent au coeur du camp. Avec la promesse de revenir dans quelques jours, nous démarrons sur la piste rouge, le coeur battant la chamade, ballotés sur les 17 interminables kilomètres qui nous amènent à l’arrêt de bus. Les conducteurs nous déposent, et nous les regardons faire demi-tour, le souffle court. Ce n’est que lorsqu’ils disparaissent à l’horizon dans un nuage de poussière que nous parvenons à respirer, soulagés, mais encore méfiants. Et s’ils revenaient? Et si les personnes qui nous entourent étaient des relations de Remmy?

La fin du calvaire

L’attente parait longue, sous le soleil cuisant et toujours sous pression. Stanley, lui, est plus tranquille. Il sait que c’est fini.

Lorsque le bus arrive, les filles refusent de donner leur sac pour la soute – très bien! Elles ont appris à se méfier en voyage, et ce n’est pas plus mal pour la suite de leur aventure. Nous montons prendre nos sièges: à peine assises, alors que le bus démarre, elles poussent des cris de joie: « Enfin libres! A nous la Tanzanie! »

3h30 plus tard, nous prenons une guesthouse près du port. A Dar es Salaam, j’ai une habitude : économiser sur la chambre pour s’offrir un verre sur la terrasse du Hyatt Regency, qui bénéficie d’une vue magnifique sur toute la baie. Détente absolue et franches rigolades!

Demain, nous partons tous ensemble en ferry pour Zanzibar. Stanley et moi devons rencontrer notre partenaire Noreen qui a établi à Stone Town son agence de tourisme insulaire responsable. Nous aiderons les filles à se décider pour une nouvelle ONG.

Une structure honnête, cette fois…

J 12 Bagamoyo

Bagamoyo, en swahili, ça signifie: « déposer son coeur ». Et c’est littéralement ce qui s’est passé pour nous. Nous voilà sur la route depuis 12 jours avec Stanley, et même s’il m’aide énormément à organiser ce périple, il est assez taciturne et effacé. Mais ça ne va pas durer…

Aujourd’hui nous rencontrons les membres d’une association d’étudiants archéologues qui ont créé un musée de la préhistoire, et sont en train de finaliser le café restaurant du musée.

L’objectif est culturel bien sûr, mais aussi social, puisqu’il s’agit de créer des emplois pour les étudiants (deux guides) et pour des femmes de la ville (des serveuses, une libraire, des vendeuses). Honnêtement le musée est petit mais vraiment on sent l’enthousiasme des étudiants, et ça fait chaud au coeur. A ne pas confondre avec le musée municipal qui relate l’histoire de l’esclavage et qui est aussi fort intéressant !

Après un délicieux repas, comme toujours sur la côte, on va visiter un petit village de pêcheur. Et là on voit quoi? Un monsieur qui repasse dans la rue. C’est son job. Mais surtout, il repasse avec un fer à charbon. Comment se rendre compte des métiers, des moeurs et des astuces d’antan. Une leçon, encore, de ce qu’on appelle maintenant la low-tech finalement. L’huile de coude. Je suis toujours fascinée par les gens qui parlent des Africains (tou un continent quand même!) comme de gens rétifs à l’effort. Alors que notre recherche de confort détruit la planète.

Un bateau de pêche du village

Bagamoyo a le charme des ports de la côte swahilie, un littoral constellé de ruines témoignant des passages de différentes civilisations au fil des siècles. C’est avec regret qu’on quitte la quiétude de ce bout de terre, en se promettant de revenir explorer plus avant les ruines de Kilwa et autres méconnues.

Mais nous avons rendez-vous, près de Morogoro, avec un projet local qui nous a attiré l’oeil, et la désillusion va être à la hauteur de notre enthousiasme… il faut rentrer à la guesthouse.

Plage de Bagamoyo

De retour à Bagamoyo, on va se faire un bon petit repas dans un restaurant local. Et là, ça y est, Stanley lâche quelques mots.  » Tu sais, des projets, j’en ai créé… je me suis tellement impliqué… je peux te raconter. »

De cette soirée, je ne retiens qu’une chose: j’ai découvert un jeune homme au coeur immense. Ce qu’il m’a dit, je ne l’aurais pas imaginé. Comment il n’a toujours eu qu’une idée fixe, aider ses frères et soeurs humains, comment il a tendu la main, comment il a été trahi, comment on lui a volé ses projets pour en récupérer la gloire, comment on en a détourné pour en récupérer les fonds. Comment il doute, aujourd’hui, de rencontrer des personnes sans arrière pensée, généreuses, oeuvrant pour n’avoir que des sourires en retour.

Il m’a ouvert son coeur pour la première fois: il a déposé son coeur à Baga-moyo. La force des symboles. Ce soir là est née une grande amitié, sincère, brute, et qui dure toujours.

J10-11 Kwale – Villa Matalai

C’est un de mes plus beaux souvenirs de la côte swahilie, et je n’ai qu’une hâte: retourner à la Villa Matalai. Prenez la route de Tanga, puis tournez à gauche en direction des grottes d’Amboni, qui parait-il valent la peine. Malheureusement je suis claustrophobe ! Vous n’aurez donc jamais mon avis sur des grottes ou un club de speleo.

villa Matalai

Nous sommes donc allés tout droit à la Villa Matalai, dans le village de Kwale, pour rencontrer Hali, après avoir déjà séjourné dans son gîte des Monts Usambara. Et là c’est un enchantement. D’abord nous avons le choix des chambres car l’hôtel est vide à ce moment. Il faut dire qu’on se situe totalement hors des sentiers battus. En général, pour les voyageurs qui se donnent 15 jours en Tanzanie, il est plus simple après le safari de prendre un vol intérieur pour Zanzibar, y terminer son séjour et repartir de l’aéroport international de l’île. J’explique en fin d’article comment venir et repartir.

Voici donc ma chambre, et sa vue .

J’ai choisi une chambre ouverte à l’extérieur de la villa: il n’y a pas de mur face au lit, c’est une sorte de mezzanine sous le toit de palme, élégamment meublée de style swahili, avec une salle de bain attenante à l’abri des regards. C’est comme si on était sur la plage, en hauteur, bercé par le va et vient des vagues à marée haute, et quelques pêcheurs qui s’interpellent. Là, tout n’est qu’ordre et beauté…

Les autres chambres dans la maison ne sont pas moins jolies. Dans la villa principale, très spacieuse, des musiques ravissantes s’enchainent le soir, du classique aux musiques du monde. Les chats s’étirent sur les coussins et la brise agite les voilages des fenêtres aux montants en fer forgé.

Hali est une agréable rencontre: cultivée, souriante, investie dans le village, elle habite d’ordinaire la maison avec son mari Claes, qui est Suédois. Ils partent en Suède à la saison des pluies.

Hali en randonnée autour du Camp Mawingu
Claes explique le mouvement des astres à Sheba

Ils forment et emploient des gens du village, et organisent chaque semaine une séance de cinéma plein air pour les enfants. Ce soir c’est la Petite Sirène.

Un vidéoprojecteur, un drap blanc, un mur et hop, la joie des Disney !

Hali et Claes ont acheté un boutre pour proposer leurs propres excursions, et le capitaine n’est autre que leur voisin Saidi, accompagné de notre instructeur de snorkeling Mbwana (les deux prénoms signifient Monsieur ^^). Une belle demi journée à naviguer parmi les autres bateaux traditionnels, et les pêcheurs-plongeurs à la recherche de poulpes ou de raies pastenagues. Et nous on mange du crabe avec Monsieur et Monsieur.

On n’est pas Français si on ne souligne pas l’incroyable délicatesse des mets préparés par Hali et les filles qu’elle emploie. Elle a même une machine à faire les pates fraîches. Elle fait son pain maison. Des repas à tomber à la renverse.

Pendant ces deux jours, nous avons aussi rencontré l’équipe de football de Kwale et sympathisé avec les jeunes. En rentrant, on a envoyé un ballon neuf pour l’équipe, et une clé USB avec plein de Pixar et Dreamworks pour les séances de cinéma de Hali, parce que Disney c’est bien, mais les princesses bêtes et jolies, ça va hein !

Nous avons vraiment apprécié l’élégance, le calme du lieu, l’implication de Hali dans le village. J’ai inclus un séjour au camp Mawingu et à la Villa Matalai dans le circuit « Diki Diki Adventure » de l’association Tumbili Voyages & Safaris.

Pour repartir, trois solutions. La moins plaisante sera par la route inverse, pour rejoindre en 5h Moshi ou en 6h l’aéroport de Kilimanjaro. On peut aussi si l’on est pressé prendre un vol intérieur de Tanga pour Pemba, Arusha, Dar es Salaam ou Zanzibar. Dans l’optique de continuer notre découverte du littoral, nous allons nous rendre à Pangani, d’où il est possible de prendre un speed boat pour la plage de Kendwa à Zanzibar. Mais nous continuerons vers le sud pour Bagamoyo et son petit port de pêche qui l’a échappé belle en 2019…

Ce n’est qu’un au revoir, Kwale !

J9 Les Usambaras de l’Est – 2

Attention ce que je vais décrire dans cet article et le prochain sont deux purs bijoux, deux lieux vraiment hors du commun, et de loin mes endroits préférés de ce que je connais de la Tanzanie. Le Camp Mawingu et la Villa Matalai sont la propriété de Hali et Claes, qui sont respectivement Somalie et Suédois, installés depuis longtemps sur la côte swahilie et très impliqués dans le soutien à leur village.

Commençons par le camp Mawingu. Pour y parvenir, il faut un 4×4 absolument, et si on dit ça, c’est parce qu’on l’a fait en Toyota Noah (un peu comme un Peugeot Traveller ou toute voiture familiale 7 places, vous voyez?). N’ESSAYEZ PAS !!! On met le double de temps (oui vraiment 4 heures au lieu de 2h pour faire quoi… environ 60 kilomètres)… on était sur du 15km heure à cause des pierres (que dis-je des rochers!) sur la piste. Et en plus on s’est trompés de route. L’idéal c’est encore de s’y faire conduire en 4×4 par un chauffeur expérimenté ! Bref, après une halte pour s’acquitter des frais d’entrée dans la réserve d’Amani, on monte en altitude, pour enfin à la sortie d’une forêt dense et parfumée, se retrouver au milieu de collines couvertes de plantations de thé.

les champs de thé et la plaine au loin
le village

On est alors seulement à 1000 mètres, mais à pic, et on voit au loin que le village de Ngua domine la plaine de la vallée de Lwengera. C’est tout simplement magnifique ! C’est vert, il fait frais, le soleil brille et on est tellement contents d’arriver. Latifah, qui est chargée du camp et également cueilleuse de thé en saison, nous accueille chaleureusement et nous fait visiter les environs. Les bungalows sont rustiques et confortables, chacun a une cheminée et de nombreuses boiseries qui conviennent parfaitement à l’esprit montagnard du village.

La terrasse intérieure…
et la terrasse extérieure avec sa magnifique vue !
vue d’ensemble
une chambre
une autre terrasse derrière
coin séjour

La réserve dAmani est connue pour sa faune et sa flore endémique si riche qu’elle a déjà été comparée aux Galapagos. C’est un paradis pour les ornithologues, les entomologistes ( spécialistes des insectes), mais ce qui nous excite vraiment avec Stanley, c’est et cela reste les caméléons. On programme une marche nocturne pour débusquer le Trioceros Deremensis, le caméléon tricorne endémique du coin. En attendant, balade dans les alentours, c’est la grande lessive aujourd’hui, et on découvre le Mnazi, un délice ! De l’eau de coco fermentée, qui se boit comme du petit lait, il faut savoir se modérer si on veut repartir en marchant droit !

A la tombée de la nuit, avec un villageois, nous voilà partis en balade sur les chemins forestiers, au son des rapaces nocturnes et concerts de crapauds. Nos premières rencontres, papillons, limaces, mille pattes sont d’une taille surprenante, plus grands que ma main, les fougères sont également immenses et je me souviens du Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne… Va-t-on rencontrer des champignons géants et des dinosaures?

En fait de dinosaures, on va être servis. Zéro cornes, une corne, deux cornes… les caméléons apparaissent dans le spectre de la lampe torche. On ne les observe pas trop longtemps chacun, et surtout on ne les touche pas. Sur le chemin avant d’arriver au village, nous avons longuement expliqué à des gamins qui nous apportaient un caméléon dans un seau que les touristes ne sont pas intéressés par les animaux en captivité (mensonge, ça dépend de quel type de touriste on parle…) et qu’il est important de les laisser dans leur habitat et les protéger… un discours qui devrait surtout être intégré par les voyageurs. Si on ne s’y intéressait pas, si les touristes ne payaient pas pour voir et toucher la faune sauvage, les locaux n’essaieraient pas de nous en attraper. On n’a jamais vu des gamins nous apporter des limaces en espérant nous faire plaisir ou avoir un pourboire.

Enfin le voilà, le caméleon à trois cornes, et c’est toujours émouvant de savoir d’une espèce qu’on ne la trouve nulle part ailleurs dans le monde. Bon, je ne suis pas photographe, mais on voit bien la bêbête. Ca valait le coup !

La nuit est calme et fraîche au Camp Mawingu, et demain nous partons sur la côte pour rencontrer la propriétaire qui vit dans son autre hôtel, la Villa Matalai. L’océan après la montagne, on a hâte de découvrir ce coin paradisiaque et peu fréquenté au nord de Tanga.

Adieu petit coin de paradis !

J8 Les Usambara de l’Est – 1

Magoroto Forest Estate

En continuant sur la route de Dar es Salaam, après Korogwe, on trouve la bifurcation qui part vers la côte swahilie, Tanga et Pangani. Au pied du massif des Usambara de l’Est se trouve le bourg de Muheza, où nous stoppons à la plus petite gargotte où j’ai jamais mangé. Tout en bois et de traviole, la salle à manger ignore les angles droits et fait aussi office de poulailler. A l’extérieur, une mama fait la cuisine accroupie au dessus d’une marmite de riz et d’une poêle creuse remplie d’huile bouillante pour les frites et les oeufs. On a même le choix entre chipsi maiai (omelette / tortilla) ou wali maharage (riz-haricots-épinards), pour 1,5 euro.

L’accueil et la nourriture sont si bons qu’on s’arrêtera en repassant au retour aussi, et Stanley me dit que la cuisinière est très fière de fidéliser une cliente blanche ! « Anaringa » dit-on en swahili, « elle est fière d’elle » mais pas dans un sens péjoratif du tout, plutôt un sentiment d’auto satisfaction. C’est toujours un peu troublant de ressentir que les Blancs sont encore un peu considérés comme des clients de meilleure qualité que les locaux, alors même qu’on ne dépenserait pas plus…

Après le village, nous tournons à gauche en direction des montagnes et ne tardons pas à trouver la forêt de Magoroto, et son campement au bord d’un lac dans un écrin de verdure à 850 mètres d’altitude.

Cette propriété de 600 hectares a été une des premières plantations de la colonisation allemande. Dès 1896, les colons se sont essayé à l’exploitation de landolphia pour le caoutchouc,  de café et de thé restée infructueuse, puis en 1921 se sont tournés vers l’huile de palme. En 1940 les terrres retournent au pays et sont exploitées par une compagnie locale, jusqu’à ce que la concurrence de la Malaisie devienne trop rude dans les années 90. Depuis, la propriété est entretenue pour le plaisir de la conservation grace aux revenus du tourisme.

Loin de la route, le lieu est aménagé pour le camping: on peut apporter sa tente ou utiliser celles du camp, on trouve un bar, un restaurant de plein air, à disposition des bouées, des jeux, et un feu de camp est préparé chaque soir.

C’est un petit coin de paradis où l’on se baigne, marche autour du lac, avec pour seuls bruits les oiseaux et batraciens (et parfois des visiteurs Indiens de Dar es Salaam qui viennent en famille de quarante et laissent leurs ordures par terre en partant hum hum).

On en profite avec Stanley pour s’exercer aux jeux d’adresse. On n’est pas mauvais ! La nuit, les bruits de la nature sont encore plus présents. Les tentes sont un peu bancales et déchirées, ça vaut  le coup d’apporter son propre matériel.

 

Bilan de la visite: c’est un site assez éloigné de tout, mais très plaisant quand il y a peu de monde, donc à faire en étape lors d’un trajet vers Tanga ou d’un séjour au Camp Mawingu, notre grand coup de coeur des Usambara dont on va parler tout de suite !

J7 les Monts Usambara de l’Ouest

Etape vertigineuse dans les monts Usambara

C’est parti pour 5h de bus en direction du sud. Avec la télé à fond, parce que, on commence à s’habituer, en Afrique, le son n’est jamais trop fort. Les larsens, les grésillements, les aigüs qui font saigner les oreilles délicates des Européens sont un doux plaisir pour les Tanzaniens, et les enfants dorment dans le giron de leur mère comme si on leur jouait une berceuse !

Sur la route qui file au sud jusqu’à Dar es Salaam, on s’arrête à Mombo, bourg animé au pied des Monts Usambara de l’Ouest, pour prendre un taxi pour le petit village de Mambo, perché dans les 1600 mètres de hauteurs. Ce n’est pas très élevé, c’est la même altitude que le village de Nkweshoo, mais la vue est si spectaculaire qu’on se croirait sur un haut sommet.

Ici Herman et Marion, un couple de Néerlandais, ont bâti il y a une dizaine d’années un projet qui leur ressemblerait, et se sont installés dans ce village isolé. Ayant parcouru le monde pour suivre des projets de développement, déçus de constater beaucoup de gâchis d’argent, ils ont quitté les grosses structures pour créer leur petite entreprise d’hôtellerie solidaire avec le village qui les accueille.

Atteindre le Mambo View Point demande un effort, aussi les  voyageurs réservent toujours pour plusieurs nuits. La journée, entre les balades dans le village, la forêt de Shagayu et les falaises pour observer les faucons Taita et autres rapaces des hauteurs, le temps passe vite et il est vraiment recommandé de rester au moins trois nuits. Les guides ornithologues nous apprennent tout sur les tisserins, martinets, boulbouls et fauvettes, et dans la forêt le jeu est de trouver les incroyables caméléons bicornes. Il y a des randonnées possibles sur deux à cinq jours, avec des étapes dans des couvents ou chez l’habitant dans les villages sur le chemin.

 

 

 

Pas d’inquiétude, je l’ai relâché juste après la photo ! Le pauvre !

Herman et Marion font un travail admirable pour le développement de la communauté de Mambo. Le mot d’ordre est l’autonomie, il s’agit de transmettre des compétences afin que la population embrasse les projets dans un esprit de développement durable. Les actions sont nombreuses et reliées entre elles pour améliorer les conditions de vie: santé, éducation, énergie, routes, environnement, savoir faire artisanal… depuis 2012 avec leur association JamiiSawa, ils ont enseigné aux villageois:

  • comment construire un poêle qui n’émet pas de monoxyde de carbone
  • comment coudre des serviettes hygiéniques lavables
  • comment faire ses yaourts et son fromage
  • comment créer un terrain de foot
  • comment construire un pont
  • comment créer un système d’irrigation des cultures
  • comment dévier une route

Ils ont aussi fait une campagne de vaccination des chiens errants contre la rage, mis en place des ateliers cirque pour les enfants, dispensé des formations aux vétérinaires locaux,  aux agriculteurs, aux entrepreneurs, aux guides locaux, construit un dispensaire et deux écoles, financé des pompes à eau et des tablettes pour les cours !

Ca ne chôme pas dans la circonscription de Sunga !

En repartant, nous visitons la ville de Lushoto, marquée par la colonisation germanique, avec quelques maisons anciennes, cimetière des premiers missionnaires chrétiens, et le projet « Friends of Usambara » qui propose des balades guidées et développe une activité économique de pépinière pour la reforestation de la montagne.

On n’oubliera pas Herman, et les voyageurs qu’on lui envoie chaque année ont toujours la même remarque: la route est longue, mais le lieu en vaut la peine !

Chez Laizer

Au travail !

J’aimerais vous parler de Laizer, le chef Maasai d’une grande boma (village). Il vit dans un enkang (ensemble d’habitations traditionnelles ceint par une clôture d’arbustes épineux) à l’est de l’aéroport, c’est le début de la grande steppe Maasai qui s’étend au sud jusqu’à Dodoma. Une terre très aride où les femmes font des kilomètres pour aller chercher de l’eau au puits, et d’où il faut partir en transhumance les mois les plus secs pour emmener les troupeaux paître l’herbe tendre des terres de l’ouest.

Laizer a décidé d’ouvrir son village au tourisme culturel afin de soutenir l’économie de la communauté, financer les formations des jeunes qui souhaitent poursuivre leur scolarité, développer l’élevage, aider aux frais médicaux des familles. A peine arrivés nous voyons les femmes occupées à la construction d’une maison pour les hôtes. Au boulot! Elles nous apprennent à faire le mélange de terre, eau et bouse de zébu qui va colmater les espaces entre les branchages et isoler très efficacement la maison.

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Cette maison va permettre d’accueillir des voyageurs pour la nuit. Elle a été placée un peu à l’écart du centre du village, pour que chacun conserve son intimité. Auparavant les rares visiteurs dormaient là où je vais m’installer pour la nuit : ma claustrophobie sera mise à l’épreuve…

Mais déjà le bétail est en vue, et l’heure de la traite arrive.

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Je vais dormir dans une hutte traditionnelle, basse et colmatée de partout à l’exception d’un petit trou auquel je vais coller mon nez toute la nuit, car par bonheur il est à hauteur du lit.

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Le lit est une litière de branchages, recouvert d’une couche de fourrage et de peaux de chèvre. Après avoir testé, j’ai décidé que, juste au cas où, on apporterait des matelas la prochaine fois, ou alors il faut vraiment rajouter deux-trois bonnes couches de fourrage!

En dehors du manque d’oxygène et du mal de dos,  j’ai passé une très bonne nuit ! Non, vraiment, sans ironie, il y a quelque chose de magique à dormir de la même façon qu’il y a mille ans, et je pense à ces éleveurs qui, en France, juste avant l’avènement de l’électricité, partageaient la maison et l’âtre avec les troupeaux. L’odeur des herbivores est mon odeur du bonheur! Les bruits des bêtes et leurs petits, juste à côté, les grillons, les hommes qui déroulent la langue Maa au dehors, le feu qui crépite, n’est-ce pas à vivre une fois dans sa vie? « Voir » les Maasais peut être un rêve, mais quand on le vit, on comprend que les autres sens sont bien plus émus: sentir, écouter, toucher « kimaasai » (à la manière Maasai).

A l’aube, en quête d’air frais, je sors de la hutte. Tout est endormi. Et là bas, discret comme parfois la lune peut l’être en pleine journée, un sommet se dessine à l’horizon. C’est le Mawenzi, à 5 149 mètres, qui émerge sur la plaine.

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C’est pas très impressionnant, en photo, comme ça… mais l’amas de nuage à gauche, s’il se déplace, c’est la splendeur du massif entier du Kilimanjaro qui apparaît; combien de fois je retiens mon souffle, combien de fois le sommet du Kibo joue à cache cache, surgit furtivement, disparaît à nouveau, par dessus, par dessous les strates cotonneuses!

Et nous voilà comme des anglais, à boire le thé au lait et les petits biscuits en parlant de nos cultures. Laizer me demande pourquoi les femmes mettent des pantalons. Je réponds que c’est pratique, et correspond à notre époque; qu’il y a longtemps, les hommes portaient des robes, comme ici, j’explique les Romains, Laizer explique ses traditions. Il pensent que les jeunes doivent avoir le choix, et soutient autant les gosses qui souhaitent faire des études que ceux qui restent à la vie pastorale.

Si je veux aller au marché Maasai? Evidemment!

Laizer prend mon appareil photo, qu’il gardera dans sa main ballante, mitraillant tous les recoins du marché sans aucun intérêt pour le cadrage et le niveau de l’horizon. Je poste ici celles qui par hasard, sont réussies!

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Voilà un étal qui m’a fait grande impression: la médecine naturelle des Maasai ! Bien entendu j’ai demandé « c’est quoi ça? » pour la moindre poudre, épice, racine, herbe que ces petits sacs contenaient. Le vendeur est resté très patient malgré nos efforts interminables pour traduire un nom Maasai en swahili puis en anglais puis en français. J’ai bien entendu tout oublié depuis.  J’ai fini par acheter une poudre de racine de je ne sais plus quoi ( sijui en swahili ^^) contre le rhume, et … une bouse d’éléphant séchée. Enfin, de l’herbe digérée quoi. C’était le premier contact, depuis j’en ai fumé aussi, qui sait quand j’en mangerai !

Plus tard dans le séjour, à Babati, un gros rhume m’a terrassée toute une journée: le soir, trois cuillers de cette poudre (un goût de… terre au piment…) , une inhalation de caca d’éléphant, et tout est parti en une nuit. Je vous en ramène la prochaine fois? (Bon par contre je vais éviter de l’acheter car on en trouve par terre,  quand même ! )

Réflexions sur le tourisme culturel

J’ai décidé que j’inciterai les gens à passer la nuit chez les Maasai.  Parfois on m’avoue une crainte tout à fait défendable: « On ne veut pas aller dans les pièges à touristes » . Mis à part quelques villages du bord de la route en allant au Serengeti,  qui sont connus pour être des reconstitutions, un peu comme nos écomusées, on a peu de chance d’être déçu d’une visite aux Maasai, à condition d’éviter les visites éclairs bien entendu. Inutile de réfréner notre curiosité ou de craindre d’offenser ce peuple qui a un grand sens de l’humour et peu de sujets tabous.

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Bien entendu, si l’on sent que les villageois font des démonstrations à contre cœur, s’ils ont une mine contrariée, il peut y avoir un problème, mais dans ce cas, je suggère de leur parler. Rien n’empêche de leur dire qu’on ne peut pas apprécier qu’ils fassent quoi que ce soit de manière forcée. Cela m’est arrivé chez les Hadzabe. J’étais indignée qu’un grand père qui avait manifestement mal à une jambe participe à la danse. Je l’ai dit, il m’a remerciée, s’est arrêté,  et j’ai décidé de ne plus jamais envoyer de voyageurs chez les Hadzabe. C’est très différent pour eux. Ils ne connaissent que très peu le monde qui les entoure, ils ne croient pas que tout change, alors qu’ils sont anéantis par le tourisme forcé. Les Maasai, aujourd’hui, proposent du tourisme culturel de leur plein gré. Si on a des doutes, pourquoi ne pas se renseigner: combien gagne le village sur votre visite? Combien pour l’agence? Est-ce équitable? Poser ces questions, après tout, c’est s’enquérir du bien être de nos hôtes.

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Bienvenue chez les authentiques Maasai de 2017 !

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La Tanzanie change la vie!

Développer le voyage solidaire

C’est toute ma vie professionnelle qui a été bouleversée par ce pays. En recommandant d’abord mes rencontres tanzaniennes à des gens de mon entourage, puis à des lecteurs de mon blog, j’ai découvert avec surprise que j’étais faite pour organiser, conseiller, repérer, prospecter, sélectionner, et développer une activité autour du voyage avec des valeurs solidaires et équitables. J’ai acquis l’expertise du terrain, que ce soit de la connaissance des itinéraires, des saisons, de la faune sauvage, des ethnies, de la culture swahilie, mais aussi la connaissance approfondie du fonctionnement des agences de voyage locales, les tarifs pratiqués, les relations entre tous les acteurs du tourisme, les dérives du tourisme de masse, et la manière de rétablir l’équilibre, en circuit court,  dans un objectif de tourisme durable.

En treize ans j’ai aidé des petites agences locales à avoir une visibilité parmi les voyageurs francophones, grâce aux bons commentaires des clients à leur retour, sur les forums des guides touristiques.

Avec les chauffeurs de Osiwoo Safaris

Chaque année depuis treize ans, je suis retournée en Tanzanie pour développer cette activité et accomplir les missions listées ci-dessous:

  • accompagner un groupe sur un séjour aventure
  • travailler avec mes partenaires locaux Osiwoo Safaris et Amo Zanzibar Tours
  • assurer un suivi des projets que l’on soutient tels que les enfants des rues de Moshi (cf. ci-dessous) ou la construction de la maternité de Nkweshoo.
  • visiter des hôtels, contrôler leur qualité, rencontrer de nouveaux gérants d’établissements
  • former et accompagner nos stagiaires
  • tester des prestations, activités, repérer de nouveaux territoires
  • s’immerger dans la culture swahilie pour de meilleures relations inter culturelles
  • faire de la formation continue pour les guides francophones et les chauffeurs de safari

En 2016 notre association de voyage solidaire a vu le jour, TUMBILI.

Banderole Finale

Tumbili, expertise et solidarité

Notre objectif est de promouvoir le voyage utile et responsable, en soutenant des initiatives locales en Tanzanie et à Zanzibar. J’ai rencontré des acteurs locaux du changement, que ce soit dans le domaine de l’éducation, l’environnement, la santé ou la conservation animale. De petites associations créées par des natifs ou habitants du pays méritent qu’on les mette en lumière!

Tumbili propose aux voyageurs de visiter les villages et projets que nous soutenons, afin de les financer directement et témoigner de leur développement.

La démarche a intéressé un prospecteur du Petit Futé, Jean Marc, qui est allé tester les services des agences locales lors d’une tournée en Tanzanie: et hop! Tumbili est référencé ici , et bien sûr nous avons des avis Google et Trip Advisor !

Parmi les Tanzaniens aux initiatives sociales fortes, voici le plus important à nos yeux: Morgan. Il était notre ami, il est toujours notre lumière, notre inspiration.

Morgan et un de ses protégés

Il est né à Moshi, et a été placé d’orphelinats en familles d’accueil jusqu’à un âge où il a pu se prendre en charge. Son expérience lui a soufflé la vocation d’accompagner les enfants qui subissent la même situation: il a créé une association, « Pamoja Tunaweza Boys and Girls Club », qui signifie « Ensemble on peut », pour aller à la rencontre des enfants qui vivent dans les rues de Moshi.

Etre présent, et attentif à leur évolution et les dérives possibles, prodiguer des conseils sur l’hygiène, la sécurité, organiser des ateliers de création artisanales recyclées à partir d’objets de récupération afin de leur permettre de générer de petits revenus, Morgan avait fort à faire chaque jour et l’argent que nous apportions permettait le fonctionnement de l’association et le développement de projets importants pour les enfants.

En mai 2021, Morgan est brutalement décédé dans un accident de la route, laissant nos gamins doublement orphelins. C’est alors que Stanley s’est investi à 200% pour reprendre le flambeau et assurer la pérennité de l’entreprise de Morgan.

Voyez notre collecte la cantine des gosses de Moshi !

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En 2017, j’ai entrepris un voyage de prospection acocmpagnée de Stanley, et cela a suscité une profonde réflexion chez tous les collaborateurs de Tumbili et Hotsun, la première agence locale avec qui j’ai travaillé. Ce voyage-clef a donné le jour à une nouvelle entreprise solidaire au pied du Mont Kilimanjaro: Osiwoo Safaris.

Depuis, Osiwoo Safaris a fait sa place parmi les agences  reconnues, notamment des voyageurs francophones, car il elle est composée d’une équipe expérimentée, dynamique et engagée dans le soutien aux communautés locales. Les avis sont unanimes, et nous savons pourquoi. Nous travaillons sans relâche et sommes fiers du chemin parcouru ensemble.

Voici toute notre histoire dans ce blog.

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La forêt de Jozani et le centre des papillons de Pete

Une espèce endémique

Rien ne m’excite plus que de savoir que je vais voir une espèce qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Même si ce n’est qu’une sous espèce. Les colobes bai de Kirk, ou colobes roux de Zanzibar, sont appelés par les habitants « singes poison » (kima punju). Cela viendrait de leur odeur, mais a fait dériver les croyances et l’on raconte à tort qu’ils tuent les arbres sur lesquels ils vivent. Ils ont été tués à cause de cette histoire, mais aujourd’hui ils sont protégés dans le parc national de Chwaka Bay et notamment la forêt de Jozani.

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Les singes sont parfois loin dans la forêt, parfois au bord de la route. Les voitures ralentissent pour les regarder traverser, mais il est interdit de s’arrêter prendre des photos sans régler les droits d’entrée qui vont à la conservation de l’espèce.

On se rend d’abord au guichet où l’on peut se documenter à l’aide de quelques panneaux explicatifs, puis le guide nous emmène dans la forêt. Généralement il n’y a rien à craindre, mais nous avons fait une rencontre venimeuse!

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Les colobes sont dans la forêt. Ils sont magnifiques, avec leur nez rose et leur pelage hirsute. Ils n’ont pas peur des visiteurs. Je les observe longtemps, face à face entre primates…

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Il existe d’autre colobes roux, par exemple dans le Parc National des Udzungwa Mountains, on peut trouver la sous espèce d’Iringa. Ils n’ont pas ce panache blanc autour de la tête.

Nous allons ensuite visiter la mangrove un peu plus loin, avec force d’explications sur cet étonnant écosystème.

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Pour le déjeuner, une mama locale nous a préparé un plat typique de Zanzibar, du poisson en sauce aux épices, riz pilau, cortège habituel de fruits et chapati. Hmmm!

Un cercopithèque diadème ou singe bleu

Un cercopithèque diadème ou singe bleu

Il reste à visiter le centre d’élevage de chenilles au village de Pete. Rien de spectaculaire car les papillons sont de tailles et de couleurs tout à fait ordinaire, mais l’initiative vaut le détour si on le combine avec Jozani. Afin de commencer à préserver la forêt que les habitants exploitaient sans mesure, il a fallu donner une autre source de revenus aux villageois. On leur a donc proposé d’élever des papillons et d’en faire un centre touristique. Les habitants, et habitantes, car c’est une activité qui promeut aussi le travail des femmes, se chargent de nourrir les chenilles, récolter les cocons et les ramener au centre pour l’éclosion.

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J21 – Le Safari Blue

Une excursion en boutre traditionnel

C’est marée basse. Les bateaux sont amarrés, les pêcheurs qui ont travaillé toute la nuit doivent dormir à présent. La plage est déserte , mis à part quelques enfants  qui jouent avec des pierres de corail mort. J’en profite pour observer la petite faune aquatique qui fait des bulles.

observer les bêbêtes, une passion...

observer les bêbêtes, une passion…

Le boutre du Safari Blue est amarré où l’eau a un peu de profondeur, c’est donc à nous de s’en approcher et l’équipage nous aide à monter à bord. Toujours penser à prendre son maillot pour pouvoir enlever le bas: on a de l’eau jusqu’à mi cuisse!

Pour partir, le capitaine allume le moteur, mais au moment où nous apercevons les nageoires de trois dauphins, il le coupe et nous attendons leur réapparition en silence. Méditations sur l’immensité de l’océan, exclamations de ravissement…

Après une demi heure de balade, nous arrivons à un petit lagon fait de pierre de corail et d’arbres à mangrove. Se baigner dans une eau si claire et turquoise, quel bonheur.

entrée du lagon

entrée du lagon

L’appétit ouvert, nous partons déjeuner sur une île déserte où les cuisiniers du Safari Blue attendent tout sourire derrière des barbecues : brochettes de poisson frais, calamars, riz et dégustation de tous les fruits existant sur l’île.

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Après le repas, on a droit à un baptème de Ngalawa, une pirogue traditionnelle à balancier, creusée dans un tronc de manguier.

le ngalawa

le ngalawa

Enfin, un retour en douceur, la voile déployée et pour seule musique le vent et les flots… au crépuscule, s’engouffrer dans les petits bras tentaculaires de Stone Town, au son du muezzin et des rires des habitants qui ont fini leur journée. Tandis que les pêcheurs, eux, se réveillent…